Extrait pour Halloween

Je vous avais parlé d’une nouvelle que je n’ai finalement pas fini… à la place j’ai fait quelques dessins comme vous avez pu voir. Mais comme je suis gentille, je vous propose deux extraits de ma nouvelle Lisbeth et Kinuito, un petit aujourd’hui et un plus long demain.

Dîtes-moi ce que vous en pensez !

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  Lisbeth avait trouvé un point d’eau assez facilement. Elle s’y était arrêtée pour la nuit et avait eu ainsi le temps de préparer des collets. De toute évidence, elle n’allait pas avoir besoin de se battre, juste de trouver son chemin. Bien sûr, trouver à manger et à boire était nécessaire, mais ces tâches la ralentiraient, elle se devait donc d’être bien organisée.

Chaque soir, elle montait au sommet d’un arbre pour savoir si elle allait dans la bonne direction et passait un long moment à écouter la nature autour d’elle. Plusieurs fois, elle décida de rester dormir dans l’arbre ou même de continuer son chemin malgré l’obscurité lorsque les sons qu’elle entendait lui semblaient hostiles. Mais au cinquième jour, une impression désagréable s’empara d’elle. Lisbeth se sentait suivie et malgré ses efforts pour couvrir ses traces, marcher dos au vent et se couvrir le corps de terre et de mousse, elle ressentait toujours cette déplaisante impression qui venait de derrière elle. Par moment, la jeune fille se disait qu’elle imaginait des signes à force de les chercher, mais elle se raisonnait, sachant parfaitement que redoubler de précaution ne pouvait nuire. Pourtant, au bout du troisième jour, la présence se fit plus oppressante. Lisbeth se sentait observée et même pire, puisqu’elle se sentait traquée. La jeune fille devait désormais faire des efforts pour continuer à marcher dans la direction qu’elle suivait, car la présence semblait vouloir la pousser vers le nord. Elle s’y refusa deux jours durant, le couteau à la main, cessant même de dormir, écoutant son cœur qui battait de plus en plus vite dans sa poitrine. La terreur enflait dans ses veines et elle arrivait presque à visualiser ce qui la suivait.

C’était difficile à exprimer, car la créature ne semblait pas marcher sur le sol comme un fauve, pourtant il ne faisait pas plus de bruit. Elle avait tout d’abord pensé à un ours, mais celui-ci aurait attaqué bien avant. Tout prédateur solitaire affamé l’aurait fait. Ce n’était pas non plus une meute. Elle avait l’impression que la créature rampait le long des arbres, soit grâce à des membres avant semblables à des bras, soit grâce à un corps reptilien. Dans les deux cas, Lisbeth se mit à imaginer un monstre rapide et plus grand qu’elle, aux dents acérées et aux longues griffes.

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Sa course vers l’avant s’accéléra et la jeune femme oublia toutes les règles qu’elle avait apprises. Elle oublia de chasser, de suivre les cours d’eau et seul comptait le poignard qu’elle tenait à la main. Ses pauses étaient de plus en plus brèves et elle avait perdu la notion du temps et de l’espace.

La nuit tomba, la surprenant au milieu de nulle part. Lisbeth ignorait totalement si elle marchait dans la bonne direction ou non. Elle n’avait plus rien à manger, mais une panique sourde tordait son estomac, l’empêchant de ressentir la faim. La nuit était claire, parsemée d’étoiles et la jeune fille resta dos à un gros arbre. Ses yeux exorbités scrutaient la nuit, elle savait que la créature allait attaquer d’un instant à l’autre.

Un hurlement lugubre déchira l’obscurité et Lisbeth sursauta. Elle s’était affaissée et malgré sa peur avait fini par dormir un peu. À tâtons, elle retrouva le poignard qu’elle avait lâché et le reprit en main. Un second cri lui parvint, plus proche, faisant se hérisser tous ses poils. Puis il y eut du mouvement à une vingtaine de mètres d’elle. La créature s’approchait d’elle, mais alors que Lisbeth n’arrivait pas encore à la distinguer, elle entendit un râle. Quelque chose d’autre venait de se laisser tomber d’un arbre et avait attaqué sauvagement le monstre qui pourchassait Lisbeth. Celle-ci se leva, à la fois curieuse et terrifiée. Elle essaya de regarder, distingua une des formes qui semblait bipède, mais elle n’eut pas le courage d’attendre comment finirait cette lutte à mort, de savoir qui venait de lui sauver la vie et quelle était la créature infâme qui l’avait poursuivie, elle se mit à courir dans la direction opposée, le plus loin possible de ce cauchemar.

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