Nos Étoiles contraires

21888_aj_m_640

John Green

2013 en France

J’avais entendu parlé plusieurs fois de ce livre (notamment dans Orange is the new black) et d’autant plus maintenant qu’il sort bientôt au cinéma. Même si je n’étais pas super enthousiaste, je me suis dit qu’il serait mieux que je le lise et que je sache de quoi ça parle.

Alors justement de quoi ça parle. Pour faire très court et ce qui ne m’enthousiasmait pas : une fille qui a le cancer tombe amoureuse d’un garçon qui a le cancer. Très réjouissant donc. J’avais peur que ça soit un peu larmoyant.

Eh bien heureusement pas du tout.

Donc Hazel a un cancer depuis trois ans donc depuis ses treize ans. Elle n’a que peu d’espoir, elle survit grâce à un traitement expérimental, ses poumons se remplissent de liquide qu’elle doit faire ponctionner régulièrement. Puis, elle rencontre par l’intermédiaire d’Isaac qui, lui, devient aveugle, Augustus qui est en rémission, mais a perdu une jambe. Leur façon de refuser l’auto-apitoiement les rapproche et ils s’échangent de la lecture. Les deux ados deviennent alors fan d’un roman. Celui-ci raconte l’histoire d’Anna, narratrice, cancéreuse. Mais au lieu de se replier sur elle-même, elle crée une fondation contre le choléra. Puis le roman s’achève brutalement, sans doute parce que la narratrice meurt, mais les deux jeunes lecteurs se trouvent frustrés parce qu’ils ne savent pas ce qui arrivent aux autres personnages. Hazel a essayé de nombreuses fois d’envoyer des lettres à l’auteur qui n’a jamais répondu. Augustus contacte alors sa secrétaire qui, elle, répond. Ils espèrent alors aller à Amsterdam pour rencontrer l’auteur et obtenir enfin des réponses. D’un autre côté, Augustus semble vouloir se rapprocher d’Hazel qui elle a peur de le faire souffrir si elle meurt alors qu’il est amoureux d’elle.

J’ai trouvé l’histoire générale touchante, pas trop larmoyante. On s’attache aux personnages principaux et secondaires (les parents, Isaac). Dans les petits moins, je n’ai pas du tout compris l’intérêt de dire qu’Hazel, à seize ans, soit déjà étudiante. Il n’est nullement écrit qu’elle soit surdouée. Donc soit elle est surdouée et a passé le bac à treize ans, avant que son cancer se déclenche, soit il faudra m’expliquer comment en 3 ans, elle a réussi à dépasser le niveau le bac, entrer à la fac, tout ça en passant les ¾ de son temps en soins intensifs, le reste de son temps chez elle avec des cours à domicile, surtout qu’à part 2-3 mots rares, elle ne paraît pas plus avancée que son âge (d’ailleurs les américains ont vraiment l’air nul en philo, car elle ne connaît aucun des philosophes cités, même en étant étudiante, enfin bref). Donc, je ne vois pas l’intérêt de ce détail qui n’apporte rien.

nos--toiles-contraires-475141

Autre petits détails, qui m’a fait rire, sur la traduction française cette fois : « j’ai essayé de l’imaginer dans un quelque part avec un grand Q ». Je pense qu’en Anglais ça doit donner quelque chose comme « somewhere with great S ». Mais est-ce que le traducteur n’aurait pas pu dire « un ailleurs avec un grand A » pour éviter le Q, parce que lors de funérailles, ça fait un peu moyen, je trouve !

En revanche, j’ai été particulièrement touchée par la double mise en abîme du lecteur (nous) qui lit un roman d’une jeune fille cancéreuse (Hazel) qui lit un roman sur une jeune fille cancéreuse (Anna). Cela permet de se poser des questions et d’obtenir des réponses de façon parfois indirecte.

La question de : qu’arrive-t-il aux autres personnages après la fin du roman n’est en fait que la crainte, la frustration de ne pas savoir ce qui va arriver à nos proches lorsque nous mourrons, questions d’autant plus lorsque comme Hazel on a que 16 ans.

Lorsqu’Hazel va voir Van Houten, elle s’adresse autant à lui qu’à Dieu, car c’est lui qui peut avoir les réponses, si l’auteur se fiche totalement de ce qui se passe après le point final, comment peut-on être confiant en un Dieu tout puissant qui prendrait soin de tous les autres, qui créerait spécialement pour nous quelque chose après la mort ?

Grâce à toute cette mise en abîme on peut donc réfléchir soit du point de vue d’Hazel face au roman qu’elle aime tant, soit du nôtre face au roman qu’on lit pour réfléchir à tous ces sujets !

Donc je conseille vivement ce roman, j’espère que le film sera à la hauteur et qu’il ne sera pas réduit à une banale histoire d’amour !

Je vous mets la bande-annonce si ça veut bien marcher, je viens de la regarder, mais nulle mention de leur roman préféré. Alors certes, c’est court, quelques minutes, j’ai des intérêts peut-être différents des autres, mais j’ai un peu peur.

Sortie 20 août 2014

Cet article, publié dans Histoires de vie, Lecture, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

13 commentaires pour Nos Étoiles contraires

  1. Je te rassure, le roman est présent dans le film ^^ Je l’ai vu il y a deux semaines, et franchement, j’ai adoré !!!

    Le livre avait été un grand coup de cœur pour moi, contente qu’il t’ai plu 😉

    J’aime

  2. Manihola dit :

    Je n’ai pas encore vu le film mais j’avais été vérifier qu’il y avait bien l’histoire avec Van Houten aussi. (D’ailleurs, l’acteur pris pour ce rôle est top !). La BA, effectivement, ne montre rien de ce côté de l’histoire.

    J’aime

  3. Nolwenn (Hanako) dit :

    J’ai beaucoup aimé ce livre aussi il est magnifique et m’a fait pleuré ^^ j’ai hate de voir le film!

    J’aime

  4. Sarah dit :

    J’ai lu le livre et vu le film en anglais depuis mon bout du monde et j’ai vraiment aimé les deux! Le livre (an imperial blabla) est p-e un peu moins présent dans le film mais bel et bien là. Ca reste un film un peu « pour adolescente » mais je trouve que le ton du livre est bien respecté! Bisous bisous

    J’aime

  5. Kimysmile dit :

    Le film et le livres sont tout deux supers !

    J’aime

  6. Camiilleeee dit :

    Il faut absolument que j’aille voir le film, j’ai beaucoup aimé le roman. Un autre livre que j’ai lu (plutot dévoré) juste apres et que je vous conseil c’est Juste avant le bonheur d’Agnes Ledig. Une histoire hyper émouvante mais impossible de lacher le livre une fois qu’on l’a commencé.

    J’aime

    • j’irais bien le voir aussi, mais bon, pas trop le temps en ce moment, plus probablement je le regarderais en DVD
      Je ne connais pas du tout Juste avant le bonheur, je suis allée voir le résumé sur Babelio, ça a l’air assez triste, mais pourquoi pas ?!

      J’aime

  7. Ping : Nos étoiles contraires | Girl kissed by fire

Laissez-moi votre avis !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s