Wash

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Margaret Wrinkle

Margaret Wrinkle nous éclaire grâce à cette fresque romanesque sur un épisode méconnu de l’esclavagisme américain : la reproduction des esclaves, menée par des Blancs en quête d’argent.

Wash est le fils de Mena esclave « salée », arrachée à son Afrique natale. Achetée par un maître plutôt clément avec ses esclaves, la jeune femme a pu inculquer à son fils les traditions de son pays. Mais le jeune Wash est une forte de tête, incapable d’accepter sa condition, brisé plusieurs fois, trouvant refuge auprès des chevaux, puis de Pallas, une jeune esclave, elle aussi brisée par ses maîtres. Pourtant Wash est un bel homme, qui attire les femmes et il en profite, car au travers elles, ce sont ses racines, ses ancêtres et sa culture qu’il retrouve.

Son maître, Richardson, l’a bien compris, aussi décide-t-il de l’utiliser pour la reproduction, afin d’avoir sous la main de jeunes esclaves à vendre sans avoir à les acheter, alors que le taux de vente des esclaves dans le sud est en hausse.

Dans ce roman plusieurs voix s’entrecroisent pour raconter cette histoire : hommes, femmes, blancs, noirs, maîtres, esclaves, les portraits ne sont jamais manichéens et tout est fait avec subtilité, ce qui est vraiment appréciable. Tous les personnages deviennent tour à tour attachants ou effrayants, on se sent lié à leurs destins.

Malgré tout, je n’ai pas réussi à totalement aimer ou entrer dans le récit. En effet, le narrateur change très souvent, parfois annoncé par un nom, on passe alors à la première personne, parfois non, au détour d’un saut de ligne, et alors on passe au point de vue omniscient. Soit. Mais on fait également des allers-retours entre le passé et le présent, ce qui devient vite perturbant et empêche le récit de s’envoler. Certes, on retrouve là le mouvement de la mer cher à Mena et Wash, le lien entre les ancêtres et les vivants, mais cela plombe la dynamique du récit. À plusieurs moments, je me suis perdue dans les digressions, oubliant qui parlait ou me rendant compte que mes yeux avaient continué quelques lignes sans mon esprit. C’est très dommage, car j’aurais aimé dire que j’ai adoré ce récit et finalement je ne peux pas. Alors c’est peut-être aussi de ma faute, je n’ai jamais pu me plonger dedans plus de dix minutes sans être interrompue, mais le récit n’a jamais réussi à me capter suffisamment pour me faire regretter de lever la tête et me donner envie d’y retourner au plus vite.

Au final, c’est un livre au style bien travaillé, aux personnages, surtout, extrêmement humains, avec une histoire intéressante et bien menée, mais il manque une petite étincelle et je le regrette.

11 livres

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13 commentaires pour Wash

  1. Herb'au logis dit :

    tu l’as ce livre ou tu l’a juste emprunté?

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  2. Marion dit :

    Malgré ta réserve sur le style, je garde en mémoire ce titre car (c’est amusant d’ailleurs) les thèmes de nos lectures viennent de nouveau de se rejoindre. 😉 Après l’eau et la pluie, c’est l’esclavage que j’ai pour ma part appréhendé il y a quelques jours avec « Catfish», très beau livre jeunesse de Maurice Pommier. Le connais-tu ? Je n’ai pas encore rédigé mon billet, mais tu peux lire celui de Louise si le coeur t’en dit (c’est elle qui m’avait donné le goût de lire ce livre). Belle journée (ici au Québec, « il vente en maudit » ! 🙂 )

    http://secretelouise.eklablog.com/catfish-a106684240

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  3. Kimysmile dit :

    Je n’en ai jamais entendu parlé tiens 🙂

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  4. Lullaby dit :

    J’en avais entendu parler mais le thème est trop « dur » pour moi. Si en plus le style est comme tu le décris, je préfère passer mon chemin (j’ai bien assez à lire ^^ »)

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    • En fait c’est surtout le style qui peut être pénible, car sur le thème ça reste extrêmement soft, c’est plus insinué que dit, tu n’as jamais de scène explicite, donc de ce côté, c’est pas mal

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  5. blueedel dit :

    Cadette en pleine période d’étude sur l’esclavage et commençant à aborder la littérature avec de nouveaux yeux m’a souvent demandé si je connaissais des livres sur le sujet. Oui ! Mais à 12 ans, je n’ai rien à lui proposer de « facile » à lire… Tout en ne cachant aucune vérité, est ce que le texte est « soft » pour une gamine selon toi ?

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