Les Enfants de la Liberté

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Marc Lévy

J’avais abandonné Lévy lors de ses premiers succès, lorsque j’étais encore au collège, avec Et si c’était vrai, Sept jour pour l’éternité, Où es-tu ? C’était d’ailleurs plutôt plaisant, bien mené, avec de l’humour, mais pas de la grande littérature non plus.

Depuis, je n’ai plus vraiment suivi l’actualité de cet auteur, mais ayant participé à un concours pour gagner des livres de poche, j’ai eu la surprise de trouver il y a quelques jours Les Enfants de la Liberté dans ma boîte aux lettres.

La couverture montre un petit garçon et une petite fille qui se tiennent la main, sur un fond de ciel bleu, seuls les avions en arrière plan et les habits d’époque nous indiquent que l’histoire se passera durant la guerre, mais on s’attend à une histoire d’amour dont j’avais eu l’habitude avec l’auteur.

J’ai donc été surprise, puisque ce n’est pas du tout le cas.

L’auteur nous raconte l’histoire de Jeannot et de son petit frère Claude, tous les deux juifs, à Toulouse, qui intègre le 35ème régiment, en réalité un réseau de gamins des rues résistants qui en dehors des actions du maquis soutenus, eux, par le Général de Gaulle et les forces anglaises, n’ont aucune aide et répondent coup par coup aux actions des allemands en ne tuant jamais aucun ni innocent, ni imbécile !

Le texte est assez émouvant, on suit l’histoire des deux frères et de leurs copains résistants, de leur entrée dans le réseau, les premières actions, les arrestations des copains, leur arrestation, interrogation, la prison, les exécutions des copains, la déportation, le trajet du dernier train qui est parti vers l’Allemagne lors de la libération…

Bon, je trouve qu’il y a quand même un gros problème dans ce roman, au niveau de la narration. En effet, Lévy a choisi la narration à la première personne, ok, pourquoi pas. Mais en réalité, on suit tous les personnages selon les actions qu’ils mènent. Par exemple, lorsqu’un personnage est en mission ou arrêté, c’est lui qu’on suit et on est quasiment dans sa tête, donc pourquoi avoir choisi de se focaliser officiellement sur un seul personnage si pour entrer finalement dans la tête de tous les autres personnages ? Ce n’est pas très logique. En plus, pour quasiment chaque personnage que l’on croise, on apprend comment il va s’en sortir à la fin de la guerre, s’il va survivre ou si, quand et comment il va mourir, ce qui est bien, ça évite de dire au lecteur « eh, oh, tu te souviens le personnage qu’on a croisé page tant pendant à peine 10 lignes ? Ben il va mourir comme ça », là au moins, on sait tout de suite, l’impact est plus fort, car le personnage est vivant, encore plein d’espoir, mais on sait que c’est en vain. En revanche, cette manière de faire en plus de la narration donne un effet d’éclatement de la narration au niveau des personnages, du temps, de l’espace… ce n’est pas difficile à suivre, mais ça fait plus flou et encore une fois, la première personne de narration n’était pas pour moi indispensable, bien au contraire !

En revanche, c’est agréable de voir Lévy dans un autre style, surtout sur un sujet aussi peu souvent abordé, la « petite » résistance, pas ceux qui étaient dans les maquis. Ça aurait été malgré tout bien qu’on ait quelques indications à la fin du roman, en plus des références bibliographiques pour savoir si les personnages ont réellement existé, lesquels, si Lévy a pris ou non des libertés avec leur vie, quel a été le déclic qui lui a fait écrire ce récit. Je suis toujours curieuse de ce genre de détails !

Donc pour tous ceux qui aiment Lévy, découvrez-le dans un genre différent. Pour tous ceux qui ne sont pas fans, mais veulent révisez leur jugement, pourquoi pas. Ceux qui veulent découvrir la guerre et la résistance avec un livre court qui se lit vite, profitez-en, et ceux qui comme moi veulent se remettre à jour, ce livre est un moyen de lire du Lévy de pouvoir en parler, sans forcément lire encore une histoire d’amour (je juge sans savoir, pardonnez-moi, convainquez-moi, si vous aimez particulièrement un des livres récents de Lévy!!)

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9 commentaires pour Les Enfants de la Liberté

  1. Je ne suis pas très fan de Marc Lévy mais on m’avait effectivement dit que ce livre était différent… Il faudrait que je tente mais j’avoue que je pars sans conviction!

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  2. Biancat dit :

    J’ai lu Et si c’était vrai et Sept jours pour une éternité et… bof 😦 du coup je n’ai jamais vraiment eu envie de de m’y remettre !

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  3. J’étais aussi blasée des romans de Lévy qui sont répétitifs et jamais de nouveauté. Quelle belle découverte que ce roman que j’ai lu avec plaisir, enfin un style différent et une histoire intéressante!

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  4. blueedel dit :

    J’avais beaucoup aimé ce livre mais l’utilisation effectivement du « je » est un peu perturbante. Pour une fois un livre anti-levy quelque part puisqu’un léger changement de style…

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  5. clairebelgato dit :

    Je l’ai lu il y a quelques années…mais n’en garde pas le moindre souvenir !

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