Le 16 Février 2016 : Didascalie

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(dans le salon, devant la télé, il est 6h30 du matin. Femme, 26 ans, en T-shirt de sport, debout sur un vieux tapi de yoga, déjà essoufflée. À la télé, une femme, jeune, souriante, musclée, mince, qui bouge dans tous les sens sans avoir l’air de souffrir).

Cuisse droite (avec un mouvement de battement rapide sur le côté) : J’ai mal.

Cuisse gauche (bien ancrée dans le sol) : Je tremble. J’ai mal aussi.

Cuisse droite (de plus en plus essoufflée) : ça va bientôt être pire pour toi. Moi je vais me reposer.

Cuisse gauche (vexée) : C’est ce que tu crois !

Cuisse droite (en train de faire des petits cercles qui partent de la cheville) : Tu ne veux pas demander au cerveau de nous envoyer plus d’oxygène ?

Le cerveau (sûr de lui) : Je vous entends ! Moins de blabla et plus d’effort !

Les deux cuisses ensembles (offusquées) : Oh, ça va, hein ! On aimerait bien t’y voir !

Le cerveau (toujours aussi sûr de lui) : Mais moi je travaille 24/24h !

Le cœur (entre deux battements de plus en plus rapprochés) : T’es pas le seul, je te signale !

Les poumons (essoufflés(eux aussi)) : Non… vraiment pas… le seul !

Cuisse droite (toujours torturée par la demoiselle en jogging qui semble sourire de ses tortures) : Alors, pour cette histoire d’oxygène ?

Les poumons (vexés) : on fait ce qu’on peut !!!

Les cuisses (solidaires) : et sinon, pour la douleur ? Un petit quelque chose ? Y’a pas de l’endorphine, de l’adrénaline, un truc, qui pourrait nous aider ?

Le cerveau (toujours maître de lui-même) : Bande de drogués ! C’est dans votre tête tout ça !

Le corps (tout entier, les cuisses, les mollets, le ventre, le dos, les épaules, les bras… tous solidaires) : MAIS TU ES LA TÊTE !!!!

Le cerveau (en boudant) : Eh bien oubliez-moi !

La volonté (dans un dernier sursaut) : Tenez bon ! Allez les amis, on garde courage ! Qui veut un corps mince et musclé pour aller à la plage cet été ?

Le corps (tout entier) : moi !

La flemmardise, la douleur, et autres (d’une petite voix qui malgré sa petitesse commence à prendre beaucoup de place) : bof. Toute manière ça marchera pas. Et puis, les courbes c’est joli après tout. La cellulite ça tient chaud. Ça amortit contre les chocs aussi. D’ailleurs je me ferais bien un gros déjeuner avec des gaufres, du nutella, oh, et puis aussi du saucisson, pourquoi pas ?

Le cerveau (autoritaire) : Chut, taisez-vous ! La dame à la télé, elle dit quelque chose.

Voix de la dame dans la télé (à peine essouflée et toujours souriante) : Bravo à tous et félicitation, vous avez terminé cette séance !

Le corps (soulagé) : OUF !

La volonté (d’une petite voix) : Vous voyez… c’était pas si pire, finalement !

Le corps (d’une seule voix très forte) : LA FERME !!!

Sujet du 17 Février :

Décrire un paysage vu par un oiseau

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8 commentaires pour Le 16 Février 2016 : Didascalie

  1. Herb'au logis dit :

    super ton texte, on s’y croirait ! enfin pas moi…

    je ne sais pas si j’ai respecté toutes les règles de typographie, ce n’est pas simple, et encore moins à faire rentrer dans un commentaire de WordPress (notamment les tirets n’apparaissent pas comme prévu), mais bon, l’idée y est !

    (L’histoire se passe, comme bien souvent au pied de l’arbre à palabres, les nombreux enfants du village sont rassemblés autour du sorcier, il y a quelques adultes aussi).

    « Dis, Grand Sorcier (la petite fille bat des mains), quand vas-tu nous raconter une nouvelle histoire ?
     Eh bien, voyons ce qui est prévu dans mon emploi du temps… (le sorcier sort son agenda)
     Alors, alors, tu nous dis ? (Alizée, impatiente, saute à pieds joints)
     Demain, je dois me rendre à Makunduchi, pour le rituel de Mwaka kogwa, il faudra que j’y reste quelques jours. (Xoud tourne les pages). Lorsque je serai revenu, je pense que…
     (Alizée l’interrompt vivement) Xoud, Xoud, ça va être dans longtemps alors ?
     (Xoud, souriant) Ah, comme tu es impatiente mon enfant ! Tu sais, pour grandir dans la vie, il faut apprendre à attendre.
     Pas drôle ! (La petite fille est boudeuse maintenant)
     Allez, promis, je vous raconte une nouvelle histoire dès mercredi prochain, et ça tombe bien, ce sera un jour sans école, vous aurez tout le temps que vous voudrez pour venir m’écouter.
     Oh, merci, merci Grand sorcier ! »

    (Le sorcier regarde partir les enfants, chacun de leur côté, comme une volée de petits moineaux.)

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  2. eva dit :

    J’adore ton idée ! et ton texte. Bon, tu as dû croire que j’avais laissé tomber, que nenni. J’ai oublié de signaler mes participations ces derniers jours, je vais rattraper le retard…
    http://randonnezvousdansceblog.blogspot.fr/2016/02/defi-365-jours-decriture-47.html

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