21 Février 2016 : Zut, une fuite d’eau !

Plic… plic… plic…

Le petit bruit répétitif réveilla Aveline. D’abord, elle eut envie d’aller aux toilettes. Une fois revenue, elle tenta de se rendormir, mais c’était impossible. Le bruit semblait s’amplifier. Bientôt se rajoutèrent les autres bruits de la maison, les tic tac des horloges qui d’ordinaire la calmait et l’aidait à s’endormir.

Au bout de plusieurs heures, elle finit par se lever. Dans le salon, du côté du mur extérieur, plusieurs tuiles avaient dû bouger et les gouttes d’eau s’écrasaient sur le sol. Énervée, Aveline décida de quitter la maison et d’aller au marché. Elle laissa un mot sur la table de la cuisine pour prévenir Henry de la fuite.

Lorsqu’elle revint, la jeune femme se sentait plus reposée et de bonne humeur. Des légumes frais plein son panier, elle avait plusieurs idées de recettes en tête.

« Tu as pu réparer la fuite ? » s’enquit-elle. L’horloger était à son établi et sans relever la tête, répondit :

« Pas eu le temps.

S’il te plaît, fais-le, je ne supporte plus ce bruit, je vais devenir folle !

N’exagère pas. On l’entend à peine !

Trèès bien ! Mais si je suis de mauvaise humeur tant que ça goutte, tu ne viendras pas te plaindre ! » Henry haussa les épaules et continua son travail.

La nuit suivante fut horrible, Aveline aurait aimé dormir dehors, mais son lit était bien trop chaud et moelleux pour le quitter. Au matin, elle avait de grandes cernes sous les yeux et le visage défait. Elle prétexta avoir oublié les carottes au marché et prit une chambre à l’auberge pour dormir quelques heures. Elle avait menacé, supplié, essayé de marchander avec Henry pour que tout soit réparer lorsqu’elle rentrerait. Elle avait promis une tourte à la rhubarbe à Kelly si elle arrivait à convaincre son père.

Lorsqu’elle ouvrit la porte, Henry vint à sa rencontre et la prit dans ses bras.

« J’ai réparé la fuite. » Le visage d’Avelin s’illumina, sa tension sembla disparaître.

Elle avança dans le salon… et manqua de s’étrangler.

La fuite n’avait pas été réparée. Henry avait placé dessous une bassine en cuivre. Un tuyau en sortait pour alimenter goutte à goutte une horloge à eau. Une fleur aux pétales irisés s’épanouissait dans la bassine, amortissant le bruit des gouttes qui tombaient du plafond.

« Avec Kelly, on s’est dit que tu apprécierais le nénuphar… »

Aveline prit sa tête entre ses mains, incapable de savoir si elle devait pleurer ou se mettre à rire.

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Sujet du 22 Février : Haïku

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6 commentaires pour 21 Février 2016 : Zut, une fuite d’eau !

  1. Herb'au logis dit :

    Zut, une fuite d’eau !

    « Allo, M. le plombier ? Venez-vite, j’ai une fuite d’eau.
    – Vous savez, je suis débordé, il faudrait tout d’abord déterminer de quel eau il s’agit. Eau de mer ? eau de pluie ?
    – Pas du tout, la fuite est dans la maison, elle commence dans la cuisine…
    – Dans la cuisine ? Vous utilisez de l’eau de Vichy ? De Seltz ? De coco ? C’est très bon pour la santé l’eau de coco
    – Non, mais je ne vois pas…
    – Vous ne buvez tout de même pas de l’eau de vie ?
    – J’en mets parfois dans certains desserts, et aussi de l’eau de fleur d’oranger, mais quel rapport ?
    – Bon, ce n’est pas une fuite d’eau de riz non plus, vous me l’auriez signalé plus tôt, au prix où ça coûte. Vous servez-vous d’eau de Javel ? Il vaut mieux éviter vous savez, surtout si votre bouteille fuit, c’est dangereux pour l’environnement. Revenons à votre fuite, et dans la salle de bain ?
    – Oui, ça fuit un peu aussi
    – Eh oui, on a toujours de l’eau de Cologne dans la salle de bain.
    – Ah, non, je préfère nettement une eau de toilette moins vieillotte, « Eau de Roche » de R. par exemple
    – Vous n’avez pas tort. Et pour vous soigner bien sûr, vous avez toujours dans vos placards, un peu d’eau de Jouvence, et de l’eau de Quinton, n’est-ce pas ?
    – Bien sûr, bien sûr, mais ma fuite ?
    – Je vous l’ai dit, je suis débordé, englouti par les demandes. Pour les miracles, il faudrait aller à Lourdes, ou à Zamzam.
    – Mais je n’ai pas besoin d’eau supplémentaire, j’ai largement ce qu’il faut. Alors quand venez-vous voir mes fuites ?
    – Je sais, je sais : « je suis l’plombier, bier, bier, bier, bier, j’ai un beau métier… », mais c’est une chanson à l’eau de rose, ça.
    – Je vois, vous vous noyez dans un verre d’eau. Moi, je crois bien que je vais m’adresser à quelqu’un d’autre avant que ça ne se termine en eau de boudin. »

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