27 Février 2016 : Voyage en train

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Aveline avait décidé de prendre le train quelques jours pour aller plus vite dans son voyage. L’automne était presque fini et avec l’hiver arrivaient les premières gelées. La brume était encore très présente, verglaçante, rendant toute marche à pieds malaisée et fatigante.

Elle avait donc acheté un billet et était installée dans un vieux wagon. Le revêtement de velours rouge était élimé, déchiré par endroit, laissant sortir une espèce de mousse desséchée et jaunâtre. Mais à défaut d’être confortablement blotti sur la banquette, elle avait les pieds secs et suffisamment chaud pour pouvoir somnoler à l’envie ou profiter du paysage lors des accalmies.

Dehors les paysages passaient de rouge et ors a dénuement noirâtre des temps froid. Un matin, elle le découvrit blanc, couvert d’une petite neige gelée. Tout semblait désert et silencieux. Sans le roulement du train, ses cahots sur les rails de métal, les jets de vapeurs brûlantes rejetées dans le ciel, il n’y aurait eu aucun bruit.

Elle passa non loin d’un petit village fortifié. Sur les pentes de celui-ci, des enfants faisaient de la luge, elle voyait leurs petites silhouettes dévaler la colline et remonter. Elle entendait presque leurs éclats de rire et sentait leurs doigts gelés, leurs petits nez rouge… L’envie d’un chocolat chaud lui vint alors que dans son wagon elle était bien loin de tout ça.

C’est alors qu’elle rêvassait que le train s’arrêta en gare et qu’un nouveau passager monta s’installer sr la banquette en face d’elle.

Sujet du 28 Février : Table ronde

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5 commentaires pour 27 Février 2016 : Voyage en train

  1. Herb'au logis dit :

    Lorsque j’étais ado, les voyages en train étaient pour moi synonymes de vacances, de liberté, d’évasion.

    J’habitais à Saint-Étienne et pour se rendre à Paris (j’y allais tous les étés) il fallait 7h de train ! J’ai commencé à y aller seule assez jeune, j’avais une dizaine d’année je pense, mais je me sentais grande de pouvoir être ainsi autonome. Il n’y avait pas de changement, il n’y avait donc qu’à se laisser emporter jusqu’à l’arrivée. Qu’est-ce que je faisais ? Je lisais je suppose, à l’époque pas de MP3, de tablettes ou de smartphone. Je rêvais. J’observais mon entourage. C’était l’aventure !
    A l’adolescence, mes parents m’ont envoyé plusieurs fois en Allemagne, en séjours organisés. Il fallait donc tout d’abord « monter » jusqu’à Paris, retrouver le reste du groupe, et c’était ensuite des heures de train (largement une douzaine bien souvent) pour rejoindre la destination prévue.
    J’adorais ces trajets. On voyageait la plupart du temps de nuit, dans des wagons-couchettes, mais autant vous dire qu’on ne dormait pas beaucoup ! A l’aller, on faisait connaissance. Les premiers liens se tissaient. Il y avait encore un peu de timidité dans les rapports. On s’observait mutuellement. On apprenait à connaître également l’encadrant. On appréhendait aussi un peu de partir pour trois semaines vers l’inconnu.

    Au retour l’ambiance n’était plus du tout la même ! C’était à la fois joyeux et triste. Joyeux parce que nous nous connaissions alors bien. Tout le monde n’était pas copains, bien sûr mais nous avions vécu des bons moments ensembles, nous avions pleins de souvenirs communs. Pendant les longues heures du trajet, on se le remémorait. Et on promettait de ne pas les oublier. On échangeait nos adresses, oui, oui, on s’écrirait. On avait aussi des moments de mélancolies : les adieux avaient parfois étés bien émouvants sur le quai de la gare. Déchirants parfois quand des couples s’étaient formés et qu’ils réalisaient que ce n’était que pour l’été, que chacun allait retourner à sa vie.

    Au retour aussi donc, les couchettes des trains ne servaient pas vraiment à dormir. Nous étions à trois ou quatre, perchés sur la plus haute (c’est plus sympa !), et les bavardages allaient bon train (c’est le cas de le dire !).

    A l’aller comme au retour, il y avait aussi le passage de la frontière (l’espace Schengen n’existait pas encore). Je suis allée une fois en Allemagne de l’Est. Arrêt du train en rase campagne. Montée de la police. Contrôle serré des papiers : regard sur la carte d’identité, regard nous dévisageant, regard à nouveau sur la photo, regard sur nous… A l’extérieur les miradors, les policiers armés tout en haut. Sur les quais les policiers par deux, avec chacun un chien en laisse. Finalement, pas de souci, papiers, autorisations, visas, tout était en règle, le train était reparti. Mais au retour, même scène. Avec en plus la petite angoisse : s’il y a un problème, vais-je être obligée de rester là, toute seule ? J’avais 14 ans…

    Dernier souvenir à partager : j’ai fait un retour de vacances dans un train bondé : trois heures debout, serrés, dans les tampons (entre les deux wagons) et à l’époque ce n’était pas vraiment fermé, on voyait la voie défiler sous nos pieds, ça faisait un boucan d’enfer, et à chaque virage, il fallait bien s’accrocher !

    L’un de mes rêves : voyager avec le transsibérien : partir de la Russie pour aller jusqu’en Mongolie ou en Chine, voir défiler tous ces paysages pendant plusieurs semaines… un jour peut-être…

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