Le 10 Mars 2016

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(dans le monde d’Eilantha et de Llewhelyss, il est encore possible d’utiliser une sorte de magie. Mais celle-ci s’appauvrit (à moins que ce soit les gens qui sont de moins en moins doués pour s’en servir), seules les descendants des familles les plus anciennes arrivent encore à s’en servir.)

Eilantha était devant une pile de cailloux. Son instructeur lui avait demandé de déplacer celle qu’elle voulait. La jeune femme avait choisi la pierre du dessus de la pile, inutile de rajouter de la difficulté à un exercice qui semblait tellement simple qu’il en devenait atrocement compliqué.

D’ailleurs son instructeur s’était assis sur le sol, en tailleur et sculptait un morceau de bois, patient.

Eilantha détourna son regard de l’homme et tenta de se reconcentrer sur la pierre, immobile.

Pour la soulever et l’amener vers elle, il fallait bien plus que de la volonté. Ce qui était totalement instinctif avec les geste physiques devenaient une torture lorsque seul l’esprit était en jeu.

Tout d’abord elle devait se lier au pouvoir environant. On lui avait dit que cela ressemblait à un grand nuage, une tapisserie placée dans le ciel dont il fallait attraper les fils pour créer sur terre.

Une fois qu’elle se sentit reliée au flux de pouvoir, elle dut se concentrer à nouveau sur la pierre. Il fallait à la fois la soulever, tout en conservant une masse d’air suffisante au-dessus pour que la pierre ne disparaisse pas dans le ciel. Il fallait de même manière attirer la pierre vers soi en contrôlant la force (sinon, elle risquerait de la recevoir dans la figure). Elle devait aussi s’occuper des variations latérales, sinon la pierre ferait de dangereux zigzags.

Eilantha avait mesuré toutes ces forces, elle n’avait plus qu’à les appliquer sur la pierre et la ramener doucement vers elle.

Mais ça ne se passa pas tout à fait comme prévu… la pierre ne décolla pas d’un centimètre et se mit à tourner sur elle-même, de plus en plus vite.

La jeune femme se mit à paniquer. Elle ne savait plus comment l’arrêter et la pierre tournoyait toujours. Si elle relâchait son pouvoir, la pierre ne risquait-elle pas d’être éjectée brutalement de la pile.

Elle redoubla de concentration et la pierre ralentit, jusqu’à s’arrêter. Épuisée, la jeune femme se laissa tomber par terre.

Son instructeur daigna enfin lever les yeux, soupira et annonça simplement :

« J’ai déjà vu pire… »

Sujet du 11 Mars : « Le voyage de mille lieues commence par le premier pas », Lao Tseu

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6 commentaires pour Le 10 Mars 2016

  1. Herb'au logis dit :

    L’appel

    Un jour elle comprit qu’il fallait qu’elle parte. Pourquoi ? Pour quoi ? Elle ne le savait pas, mais l’appel était impératif.

    Elle mit en ordre toutes ses affaires, reviendrait-elle ? Elle n’en n’avait aucune idée.

    Elle prépara quelques bagages. Puis se mit en route.

    Elle se dirigeait vers l’Est. Elle devait se diriger vers l’Est…

    Elle traversa de multiples contrées : certaines ne valant pas la peine de s’y arrêter, d’autres magnifiques. Elle prenait alors un peu de temps pour les admirer. Mais les haltes étaient brèves. Elle sentait qu’elle ne pouvait s’attarder trop. Elle devait repartir.

    Au bout de quelques semaines de marche, elle se sentit approcher du but. Elle arrivait dans un paysage de hautes montagnes. De loin en loin, on pouvait voir des cairns, servant de repères aux voyageurs. Les passants ajoutaient parfois une pierre, qu’ils choisissaient avec soin. Ainsi, ils se sentaient reliés à la communauté des marcheurs. Et ils faisaient perdurer une tradition qui remontait aux temps lointains des druides. Certains ajoutaient un petit drapeau, symbole de prière.

    Pas étonnant donc qu’elle se soit sentie attirée par le lieu. Il avait quelque chose de magique. Ses pas la dirigèrent vers un cairn un peu différent. En quoi, elle ne savait pas, mais elle s’en approcha. Il dégageait une telle force qu’elle tendit la main vers la cime. La pierre sommitale se mit alors à tourner, lentement, puis de plus en plus vite. Elle se sentit entraînée elle aussi dans une course folle, autour de l’amoncellement de cailloux.

    Elle se laissa faire, elle savait qu’elle était venue pour ça. Au bout d’un long moment, le tourbillon prit fin. Elle se sentait bien, heureuse. Elle comprit qu’elle ne reviendrait plus en arrière. Là était sa place, elle l’avait enfin trouvée, dans cette magnifique montagne.

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  2. J’aime beaucoup, tu as été bien inspirée par ce sujet. Ce n’est pas mon cas : https://lafabriqueasourires.wordpress.com/2016/03/10/365-jours-decriture-70/

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