Le 28 Mars 2016 : Chasse au cerf

47343677

C’était la fête du printemps. Depuis deux jours déjà, les festivités battaient leur plein. Les banquets s’enchaînaient, les marchés débordaient de visiteurs, des cohortes de jeunes filles dansaient, chantaient et jouaient de la musique sur toutes les places, dans tous les jardins.

Au palais, les serviteurs affairés courraient dans tous les sens, mais leurs lèvres étaient souriantes. Ils n’hésitaient pas à grignoter les douceurs laissées un peu partout et malgré la fatigue, ils attendaient avec impatience le soir, lorsqu’ils pourraient se joindre à leur famille.

Le matin du troisième jour, les plus riches partirent pour la traditionnelle chasse au cerf, plus symbolique que véritablement efficace, même si au moins un cerf devait périr pour permettre au printemps de revenir sur les terres de Rweyame.

Llewhelyss et Eilantha faisaient évidemment parti de la tête du cortège. Mais ils se séparèrent bientôt, Eilantha prenant la tête des dames (qui bien souvent délaissaient la chasse au profit d’une balade et d’un pique-nique en forêt), Llewhelyss celle des hommes.

La chasse débutait bien. Les chiens avaient déjà repéré un cerf et les hommes les retenaient pour qu’ils ne tentent pas d’écharper l’animal.

Les cavaliers se mirent en chasse. Mais le cerf filait entre les arbres. Llewhelyss ne le quittait pas des yeux, son cheval semblait voler par-dessus les buissons et les enchevêtrements de ronces. Le cerf n’était plus à quelques encablures. Llewhelyss fit sauter sa monture par-dessus un fossé et continua sa poursuite.

Une fois de l’autre côté, il se rendit compte qu’il était seul. Sa suite avait disparu au loin, il entendait encore le bruissement des feuilles, le martèlement des sabots, mais ne voyait plus personne. Pas très loin devant lui, le cerf semblait se reposer quelques instants. Sa fourrure était nacrée, presque d’un blanc parfait. Son port de tête, altier et ses yeux tendres. Il recula d’un pas. Llewhelyss avança à son tour. L’animal ne semblait plus fuir, simplement l’attirer au cœur de la forêt.

Llewhelyss continua à le suivre, sans chercher à l’attaquer. Une petite clairière se dessina, une source la traversait. Le cerf était de l’autre côté. Il s’agenouilla et se coucha sur le flanc. Étonné par cette attitude, Llewhelyss mit pieds à terre et avança.

Il y eut alors un grand éblouissement et le jeune roi ressentit une joie intense.

Une main secouait son épaule. Sa suite l’avait rejoint. Il était seul, allongé dans une clairière miteuse, endormi sur le sol. Le cerf avait disparu, mais également l’herbe tendre et verte, le cours d’eau cristalline et le soleil. Ses pensées se bousculaient dans sa tête, sans qu’il ne parvienne à comprendre ce qui s’était passé.

Parmi les serviteurs, déjà certains murmuraient que l’échec du roi était un mauvais présage… Pourtant, Llewhelyss était bien loin de ressentir un tel pessimisme.

Sujet de 29 Mars : Nain monstrueux

Joyeuses Pâques !800x600_Photo_6918_5686

Cet article, publié dans Défi 365 jours d'écriture, Ecriture, Travail d'écriture, est tagué , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour Le 28 Mars 2016 : Chasse au cerf

  1. Herb'au logis dit :

    « La guerre, c’est comme la chasse, sauf qu’à la guerre les lapins tirent. » Charles de Gaulle

    Eh oui, à part dans les chansons de Chantal Goya, les lapins n’ont pas de fusil. C’est toujours la loi du plus fort qui gouverne.

    Pourquoi ne pourrions-nous pas vivre tous ensemble : cerfs, lapins, et autres bestioles, dont les hommes ? Ce n’est certainement pas moi qui vais prendre un fusil avec des prétextes fallacieux : régulation de population, protection des récoltes, et j’en passe et des meilleures.

    L’autre jour, au cours d’une promenade nous avons vu un jour un renard. Comme c’est beau, un animal dans la nature ! Quelques jours plus tard, c’est un chevreuil que nous avons croisé. Pas effrayé, il nous a regardé calmement, de ses yeux doux, puis est reparti d’un petit pas tranquille.
    Des lièvres, des oiseaux, des insectes, il reste encore des animaux sauvages dans nos campagnes (et aussi en ville, plus qu’on ne le croirait d’ailleurs). Mais tant ont disparu, à jamais, ou se sont fait très rares. Le vrai plaisir est celui d’observer, d’admirer, de protéger ou de photographier, pas de tuer.

    Je n’ai jamais vu de cerf, à part dans les parcs animaliers…j’en rêve.

    « La chasse est toujours une forme de guerre. » Goethe
    Je n’aime pas plus la chasse que la guerre…

    Aimé par 1 personne

  2. Je me demande comment je vais passer de la chasse au cerf au nain monstrueux… ah qu’est ce qu’il ne faut pas inventer ici !!!
    http://randonnezvousdansceblog.blogspot.fr/2016/03/defi-365-jours-decriture-88.html

    J’aime

Laissez-moi votre avis !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s