Un Pays sans amarres

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Françoise Landrot

En juin 1938, Benjamin est envoyé dans un hôpital psychiatrique en Algérie. En effet, malgré les efforts de sa famille, de son père médecin, ils sont incapables de gérer les crises du jeune homme. Pour sa mère, Isabelle, la séparation est un coup de poignard. Toute sa vie tourne autour de l’absence de son fils.

Ce roman parle donc de maladie et de ce presque deuil que doit faire cette mère de l’absence de son fils. Tout le roman est centré sur ses ressentis et sa manière de gérer cela. L’écriture est belle et travaillée, poétique, tournée vers la spiritualité. Mais j’ai trouvé que la narration ne s’ancrait pas pas assez dans le présent. A plusieurs moments, la narratrice raconte des après-midis, des dîners, des moments plutôt joyeux. Les descriptions sont très réalistes et pourraient totalement nous amener à ressentir ces petits moments de bonheur, sauf que dans ces passages là, il n’y a rien concernant les sentiments d’Isabelle. Les seuls moments où elle les exprime, c’est lorsqu’il s’agit de sa douleur. Il y a donc une espèce de distanciation entre la réalité et le ressenti, comme si, enfermée dans sa douleur, elle se voyait en tant que spectatrice de sa propre vie. Si l’effet est intéressant, je trouve néanmoins dommage de ne pas en avoir profité pour créer quelques passages où le lecteur pourrait s’identifier à elle dans des temps plus sereins.

De même, j’ai trouvé qu’on avait pas assez de référence à la réalité qui entoure le personnage : pourquoi placer le récit en 1938 alors qu’il n’y a qu’une seule référence à l’actualité ? quant au passage en Algérie, il y a un peu plus de références historiques, mais à peine. D’un point de vue plus proche du personnage, on ne sait pas non plus ce qui arrive réellement à Benjamin.

J’ai donc trouvé que ça donnait l’impression d’un flou et que la seule chose réellement présente est la douleur de cette mère, ce qui rend le roman triste et parfois un peu pesant.

Malgré tout, je le trouve intéressant dans les sujets qu’il aborde et dans les images qu’il suscite. Ce n’est donc pas un coup de cœur à cause de toutes ces petites choses, mais un roman qui reste intéressant à lire !

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Un commentaire pour Un Pays sans amarres

  1. intéressant merci pour le partage !

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