Sauvage

Jamey Bradbury

Tracy a 17 ans et vit en Alaska. Depuis toute petite, ce qu’elle aime par-dessus tout c’est partir dans la forêt, chasser, ou s’entraîner avec ses chiens. Mais un jour, elle rencontre un homme dans la forêt, après une lutte courte dont elle n’a plus qu’une idée vague, elle est assommée. Peu de temps après, revenue chez elle, l’homme de la forêt arrive, mortellement blessé. Tracy comprend alors qu’elle lui a donné un coup de couteau lorsqu’elle se défendait, mais n’en parle à personne. Mais si l’homme guérit, ne cherchera-t-il pas à se venger ?

Avec ce premier roman, Jamey Bradbury frappe un grand coup. Ce nature writing s’inscrit dans la droite ligne de deux succès des années précédentes Dans la forêt, de Hegland et Absolute Darling de Tallent. A chaque fois les auteurs mélangent les grands espaces, de personnages féminins jeunes, en pleine construction d’eux-mêmes, mais forts. Dans le début du roman, J Bradbury répond vraiment à ces critères. On s’attache vite à Tracy et à ses proches. Les descriptions de la nature, forêt, chasses, courses en traîneau, sont tellement vivaces qu’elles nous engloutissent. Mais un élément de fantastique se mêle petit à petit au tableau, nous entraînant sur des chemins qu’on n’attendait pas. Sans spoiler, ça amène une dimension différente au récit. D’autant plus que cet élément prend de plus en plus de place avec la venue de Jesse, dont le destin semble lié à celui de l’homme blessé.

J’ai beaucoup aimé ce roman, j’ai été surprise, parfois choquée, heurtée dans mes sentiments de façon plus forte que je ne le pensais (les passages avec la vieille chienne ou le dernier passage avec Helen). La relation entre les personnages est pleine de justesse, parfois simple, parfois plus complexe à cause de ce qui anime aussi Tracy. J’ai beaucoup la façon dont son rapport à Jesse évolue, sans qu’il y en ait des tonnes.

Seul bémol, mais qui laisse un petit goût amer : la fin. Non seulement il y a certains détails que je n’ai pas compris, mais en plus, l’auteure nous laisse sur notre faim par rapport à la fin de l’histoire pour certains personnages. J’aurais aimé en savoir plus, pourquoi et comment !

Mais dans l’ensemble une très belle lecture, un virage à 180° assez surprenant mais qui nous empêche de lâcher le roman !

Publicités
Publié dans Histoires de vie, Lecture | Tagué , , , , , , , , , , , , | 6 commentaires

Annabelle

Lina Bengtsdotter

Annabelle, une jeune fille de 17 ans, a disparu du village le plus pauvre de la Suède. Charlie est envoyée pour enquêter, mais retourner dans la ville qu’elle a quitté des années plus tôt, à 14 ans, et dont elle garde de mauvais souvenirs n’est pas chose facile.

Dans ce roman l’enquête (les policiers qui cherchent Annabelle) est mêlée à deux autres intrigues, le récit de la dernière journée d’Annabelle, et l’histoire de deux petites filles/jeunes adolescentes qui ne semble pas liée à l’intrigue principale.

Pour tout dire, ce roman n’est pas une révélation du genre. L’alternance des points de vue et des époques est maintenant assez classique. Le personnage principal, la flic au passé compliqué qui se noie dans l’alcool et les relations sans lendemain est également déjà vu.

Néanmoins, on passe un agréable moment. On a envie de connaître le fin mot de l’histoire et on finit par s’attacher à Charlie et à son coéquipier, Anders (fiable et sympathique sans tomber dans les clichés). La psychologie des personnages est bien travaillée et dosée, même si ce ne sont pas forcément des situations ou des rebondissements incroyables, il y a une cohérence et une fluidité certaine dans la lecture.

Amateur de retournements de situation complètement fous, de crimes sanglants et gores, passez votre chemin. Si vous cherchez au contraire une enquête plus basée sur la psychologie et les personnages qui se battent face à l’adversité qu’est cette petite ville sans avenir, vous pourriez y trouver votre compte !

Publié dans Lecture, Policier/Thriller | Tagué , , , , , , , , , | 4 commentaires

Solar Blast

Delphine Laurent

En France des scientifiques observent un « solar blast » une explosion solaire, brutale et imprévue. Pour y faire face, ils décident alors de plonger la terre entière dans le noir pour quelques heures, ou quelques jours, en espérant que le réseau mis hors tension, retrouvera une fonction normale par la suite. Laly et Sam, des jumeaux, sont dans un avion obligé de se poser un peu au milieu de nulle part.

Ce livre est très court et se dévore dans la journée. Le sujet s’approche un peu du post-apocalyptique, mais il est surtout centré sur les personnages. D’un côté les scientifiques qui espèrent avoir fait le bon choix et de l’autre, les jumeaux, qui arrivent dans un ancien aéroport où la survie s’organise tant bien que mal, grâce notamment aux deux tribus, indienne et inuit, qui vivent non loin.

Le roman alterne les points de vue ce qui nous permet d’avoir à la fois une vue d’ensemble, de nous rapprocher des personnages, mais également de nous maintenir en haleine.

L’histoire est bien construite et réserve des surprises, puisque le solar blast n’est ni le seul sujet, ni le seul danger pour nos personnages. Personnellement, j’aurais aimé qu’il y ait un peu plus de passages sur la vie du quotidien, comme avec la femme enceinte, qu’on croise deux fois si ma mémoire est bonne, mais qu’on abandonne et oublie aussi vite. J’aurais aimé un peu plus de corps afin d’être plus plongé dans cette ambiance, mais le livre ne se déroulant que sur très peu de temps, ça reste cohérent.

Un roman ado bien sympa, à lire entre deux gros romans plus prise de tête !

Publié dans Lecture, Littérature Jeunesse/Young Adult | Tagué , , , , , , , , , , | 3 commentaires

Nos Derniers festins

Chantal Pelletier

2044, la prohibition alimentaire écrase la France. La mafia trafique du fromage et du foie gras, tandis que les citoyens ont des permis alimentaires qui leurs autorisent ou interdisent certains groupes d’aliments en fonction de leur santé. Un jeune contrôleur alimentaire et sa chef, qui flirte avec la loi et ferme souvent les yeux si elle peut se goinfrer au passage, trouve un jeune cuisinier assassiné dans une blanquette de veau. En parallèle, une chef cuisinière se bat comme elle peut pour garder son restaurant et faire la paix avec ses proches.

J’ai trouvé l’idée de ce roman très originale et plutôt réaliste comme dystopie. Les permis alimentaires qui interdisent aux gens de manger ce qui pourrait mettre leur santé en danger (et l’économie de l’assurance maladie également) pourrait être une évolution (effrayante) de la société.

Malgré tout, je l’annonce tout de suite, je ne suis pas du tout rentrée dans le roman. En effet, je n’ai pas réussi à m’attacher à aucun des personnages, et l’écriture ne m’a pas plût non plus. On a l’impression qu’au lieu de la prohibition, du manque et de la peur, on tombe dans une sorte d’orgie. La chef policière m’a inspiré comme à son subordonné plus de dégoût que de fascination, alors que cette épicurienne sûre d’elle aurait pu être un personnage charismatique. J’ai eu l’impression que tout était détournée, qu’il y avait beaucoup de « trop » et pas assez d’intrigue ou d’empathie pour les personnages.

Bref, je suis plutôt déçue, j’attendais peut-être trop de cette idée, mais ce roman ne correspond pas du tout à la vision que j’avais pu m’en faire. Dommage !

Publié dans Lecture, Policier/Thriller | Tagué , , , , , , , , | 3 commentaires

Cachemire rouge

Christiana Moreau

Bolormaa est une jeune Mongole qui a toujours vécu en itinérance, au gré des pâturages et de la nature. Pour la première fois, cette année, son père l’autorise à tisser elle-même un pull en cachemire qu’elle souhaite teindre en rouge avant de le vendre. Mais c’est aussi la dernière année puisque sa famille est obligée de vendre les bêtes, de se sédentariser et Bolormaa de travailler dans une usine chinoise. Là elle rencontre XiaoLi et les deux jeunes filles décident de s’enfuir vers l’Italie, eldorado chinois, surtout que Bolormaa a gardé la carte de visite donnée par Alessandra une italienne qui lui a acheté le cachemire rouge.

Le roman commence dans les steppes mongoles avec de magnifiques paysages. On sent l’attachement de Bolormaa pour cette vie et ses coutumes. Mais elle est vite confrontée à la sédentarité et à l’industrialisation chinoise. Heureusement, il y a son amitié avec XiaoLi qui la pousse toujours en avant. De son côté, Alessandra, l’italienne, tient une boutique de cachemire avec sa meilleure amie, mais elle est également confrontée au marché chinois de mauvaise qualité, qui malgré tout s’immisce partout.

Ce roman peut faire un peu penser à la Tresse, de Colombiani, puisqu’on retrouve des destins de femmes qui se battent pour leur condition, à des endroits différents du globe, liées entre elle par le cachemire. D’ailleurs, je pense que si vous avez aimé la Tresse, ce roman pourrait vous plaire aussi !

Les personnages sont attachants et surtout les descriptions (pas du tout pesante) nous permettent de vraiment nous immerger, que se soit dans les plaines mongoles, dans les usines et même dans le Transsibérien !

Une lecture courte, mais très agréable et qui ouvre un peu notre regard sur le monde !

Publié dans Histoires de vie, Lecture | Tagué , , , , , , , , , , , , , | 1 commentaire

L’Âme du violon

Marie Charvet

Quatre personnages, un violon. Au XVIIe siècle un luthier travaille sur la fabrication d’un violon qu’il veut parfait, mais un drame va bientôt tout remettre en question. Dans les années 30, un jeune tzigane ne vit que par sa musique, même s’il rêve de l’Amérique. De nos jours, une jeune artiste peintre tente de percer dans le métier jusqu’à ce que sa grand-mère lui montre un vieux violon qu’elle voudrait vendre ; et Charles, un PDG dont le cœur ne bat plus que par la musique classique retrouve enfin le goût de vivre en entendant une jeune violoniste jouer.

Ce roman assez court est une ode à la musique et à la sensibilité des personnages. D’une forme assez classique, il nous entraîne néanmoins près de 4 personnages à la sensibilité à fleur de peau, qui ont tous une passion, l’art (et le violon en particulier pour trois d’entre eux).

L’écriture est agréable et fluide, c’est le genre de roman qu’on lit dans la journée, au creux de son canapé ou d’une chaise longue. Ce n’est peut-être pas l’histoire qu’on oubliera jamais ou le chef d’œuvre du siècle, mais il a le mérite de nous faire passer un très bon moment et de nous en apprendre plus sur cet univers.

Un joli roman, à déguster sans modération, pour prendre une bouffée de fraîcheur !

Publié dans Histoires de vie, Lecture | Tagué , , , , , , , | 3 commentaires

Né d’aucune femme

Franck Bouysse

Gabriel est prêtre et lorsqu’on lui demande de bénir le corps d’une femme internée dans un asile depuis des années, une femme lui dit également de récupérer les carnets dissimulés sous la robe de la morte. L’homme s’exécute et découvre alors les souvenirs de Rose, qui a été vendu à 14 ans par son père pour devenir la servante d’un homme cruel.

Né d’aucune femme est LE livre de ce début d’année, celui qu’il faut avoir lu, celui que tout le monde a déjà lu. Et si ce n’est pas encore votre cas, je ne peux que vous le conseiller !

Ce roman, c’est une histoire qui en soit n’a rien de très originale, mais qui est portée par une plume magnifique. Dans ce texte à la fois court et dur, on découvre les souvenirs de Rose, cette jeune fille qui reprend en main sa destinée en écrivant avec ses mots, ses émotions et sa culture autodidacte dans ces carnets. Mais on également d’autres points de vue, d’autres écritures qui apportent un regard différent et une profondeur au texte. Malgré la brièveté du roman, la psychologie des personnages est vraiment bien travaillée, humaine et touchante.

Ce livre se lit très vite, mais il marque pour longtemps. Malgré tout le sujet est loin d’être joyeux (même s’il y a des moments où le lecture peut reprendre son souffle) et je vous conseille de le lire plutôt une journée ensoleillée où vous êtes de bonne humeur.

En tout cas, c’est à lire !

Publié dans Histoires de vie, Lecture | Tagué , , , , , , | 2 commentaires

Le Tigre

Joël Dicker

Lors d’un été particulièrement chaud, une nouvelle terrifiante parvient jusqu’à Saint-Pétersbourg, un énorme tigre massacre villageois et voyageurs. A tel point que le Tsar propose une récompense immense à celui qui arrivera à le tuer. Ivan un jeune russe, décide alors de tenter sa chance.

Première nouvelle écrite par Joël Dicker, pour laquelle il a eut un prix à 19 ans. Le livre est court (forcément), une 60n de pages et illustré. Je me suis dit qu’il fallait que je le lise histoire de pouvoir le conseiller ou non, et vu la taille, je ne prenais pas grand risque.

Et pour ne pas prendre quatre chemins, j’ai été plutôt déçue. La couverture est jolie, c’est un bel objet, les illustrations sont sympas, mais parfois mal mises en valeur (par exemple, sur une double page où on voit le personnage sur son cheval, le personnage est dans la pliure du livre, c’est assez mal pensé, je trouve et ça gâche le travail de l’illustrateur).

Quand au texte, surtout avec une quatrième de couv’ qui annonçait un stratagème particulièrement ingénieux pour attraper/tuer le tigre, j’ai été plutôt déçue. La mise en place est longue par rapport à l’action, l’intrigue et la solution peu originale, je m’attendais à un coup de poker qui n’a pas eu lieu. Avec un ressenti de « tout ça pour ça ».

Alors certes, il n’avait que 19 ans à l’époque, je ne dis pas non plus que je pourrais faire mieux, mais le packaging sur-vend le texte d’après moi !

Publié dans Histoires de vie, Lecture | Tagué , , , , , , | 2 commentaires

Blanc Mortel

Robert Galbraith

Après l’arrestation de l’éventreur dans le tome précédent, Cormoran Strike fait la une des journaux. C’est pour cela qu’un jeune homme mentalement instable vient lui demander de l’aide, lui avouant qu’il a assisté à un meurtre lorsqu’il était enfant, un souvenir parcellaire mais qui le hante. Titillé, Cormoran Strike décide de résoudre cette énigme, mais c’est sans compter une véritable affaire qui mêle les plus hautes sphères de la politique qui lui ait confiée… impliquant des gens cités par Billy !

J’attendais ce dernier tome depuis longtemps et avec une certaine impatience ! lorsque j’ai reçu le SP (service de presse) dans ma boîte aux lettres et que j’ai vu la taille du paquet, j’ai pris peur, mais lorsque j’ai vu que c’était celui-ci, j’ai littéralement sauté de joie !

Et même si je n’ai pas pu lire beaucoup d’affilé (à coup de 10 min ou 1/2h, ça n’avance pas trop) et donc eu peut-être plus de mal que d’ordinaire à me replonger dans le roman, j’ai passé une super lecture !

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé qu’on reprenne exactement là où on s’était arrêté, au mariage de Robin. Même si je ne me souvenais plus de certaines choses, ma lecture du précédent tome commençant à remonter, l’auteure arrive à nous en faire nous souvenir de façon discrète.

Bien sûr, en dehors de l’enquête, on attend de voir comment la relation entre Strike et Robin (donc toute jeune mariée) va évoluer. D’autant plus que le mariage ne commence pas sous les meilleurs auspices et que Strike va retomber par hasard sur son ancienne compagne.

Au niveau de l’intrigue, elle est menée d’une main de maître. Jusqu’à la fin je n’ai rien compris, j’ai été surprise par les rebondissements et j’ai pris beaucoup de plaisir à être ainsi emportée par le récit.

L’écriture de Galbraith alias JK Rowling est toujours aussi magique, j’adore la vie qu’elle arrive à mettre dans ses romans, dans le quotidien de ses personnages. On a l’impression de vivre avec eux, de voir les endroits où ils vont, etc. c’est déjà ce que j’adorais dans Harry Potter puisqu’on pouvait s’imaginer à Poudlard, là je n’ai eu aucun soucis à m’imaginer à Londres au début des JO !

Bref, si vous aviez aimé les autres, je ne pense pas que vous serez déçus par ce dernier opus !

Publié dans Lecture, Policier/Thriller | Tagué , , , , , , , , , , , , , | 3 commentaires

La Prisonnière de la mer

Elisa Sebbel

(Bon, pour commencer, je suis un peu énervée, j’ai écrit cette critique il y a plus d’un mois, voir deux, lorsque je l’ai terminé, et j’ai dû faire une fausse manip’, je pensais l’avoir pré-publié sur le blog et en fait, je l’ai perdue, effacée, annihilée et voilà que je dois tout recommencer !)

En 1809, après une défaite, 5000 hommes de l’armée napoléonienne et une vingtaine de femmes cantinières, sont déposés par les espagnols sur une petite île déserte. Prisonniers à l’air libre, ils sont totalement dépendants de leurs geôliers pour la nourriture, ont peu d’eau et même si une organisation se fait, de nombreux soucis apparaissent. Héloïse a tout juste perdu son mari quelques jours auparavant, elle fera tout pour survivre malgré les conditions.

J’ai été attirée par le synopsis du roman et ravie de voir que la partie historique n’était pas négligée, bien au contraire. Même si pour moi, il y a un peu trop de romance, j’ai apprécié tout le côté survie, les questions qui se posent aux prisonniers et à la vingtaine de femmes parmi eux. Même si Héloïse s’en sort finalement assez bien à chaque fois, le roman est loin d’être rose et c’est cette dureté qui en fait un texte réaliste et convaincant.

Ma lecture datant donc un peu, ma critique va être plus courte, mais c’est un roman que j’ai beaucoup aimé, lu avec plaisir et qui évite également un certains nombres d’écueils (où tombent généralement les romances historiques du genre Harlequin pour grossir le trait). Donc si vous êtes curieux de cette période et de cet épisode dont personnellement je ne savais rien, tentez le coup et prenez donc un bon bol d’air marin !

Publié dans Histoire/Romans Historiques, Lecture | Tagué , , , , , , , , , | 2 commentaires