Hiver à Sokcho

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Elisa Shua Dusapin

A Sokcho, ville balnéaire de la Corée du Sud quasiment déserte en hiver, une jeune fille franco-coréenne travaille dans une petite pension de famille pour le vieux Park. La pension est presque déserte avec seulement un alpiniste et une jeune fille qui se remet d’une opération de chirurgie esthétique, mais arrive bientôt Yann Kerrand, un cinquantenaire de Normandie, auteur de bande-dessinées. La jeune fille est donc attirée par lui, autant par son métier que par ses origines.

Ce roman est très court, mais emprunt de douceur, quoique parfois un peu amère. Les personnages cachent des blessures, le plus souvent sous-entendues que réellement explicitées. La relation entre les personnages est intéressante, j’aurais aimé parfois en savoir plus sur eux (curiosité occidentale face à la pudeur orientale, sans doute). J’ai apprécié que de nombreux sujets soient évoqués plus ou moins longuement comme la guerre avec la Corée du Nord, le rapport des femmes à la société et aux diktats de beauté, mais aussi la cuisine traditionnelle (avec le fugu) et les paysages enneigés évoqués.

Un très joli livre, une petite parenthèse, premier roman d’une jeune auteure, je recommande et lirais avec plaisir ses autres romans quand elle les écrira !

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Le 29 Septembre 2016 : Escarpins

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c’est pas des escarpins, mais c’est plus confortable !

Llwynog avait enfin réussi à prendre une apparence plus ou moins humaine, mais il lui restait encore beaucoup à apprendre. Se tenir droite, porter élégamment un verre de vin (breuvage d’ailleurs traître, on l’a vu avant-hier ; ça peut aussi provoquer des accidents de voiture, on l’a vu hier ; mais Llwynog était encore loin d’être prête pour apprendre à conduire)… L’esprit de feu lui demanda ensuite d’essayer de marcher avec des escarpins (personnellement, je ne trouve pas que c’est une très bonne idée, d’apprendre à marcher droit, en hauteur, après trois verres de vin). D’ailleurs l’exercice se révéla périlleux et Llwynog regretta vite ses pattes aux coussinets confortables !

Sujet du 30 Septembre : décrire un personnage féminin

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Harry Potter and the Cursed Child

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J’ai lu ce livre tant attendu pendant les vacances, mais je ne donne ma critique que maintenant, pour rafraîchir la mémoire de ceux/celles qui voudraient le lire en français, à la parution du 14 Octobre.

Néanmoins, pour ceux/celles qui veulent le lire en VO, vous pouvez y aller, c’est un anglais très abordable, puisque c’est du théâtre, il y a essentiellement du dialogue et donc peu de mots de vocabulaire trop rares.

L’histoire commence exactement où c’était arrêté le dernier tome, à la gare de King Cross « 19 ans plus tard » avec Harry et Ginny et leurs enfants. Dans le train, Albus Severus rencontre Scorpius, le fils de Drago Malfoy…

Je n’en dirais pas plus sur l’histoire malgré mon envie, pour vous laisser découvrir.

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Comme c’est une pièce, elle est divisée en plusieurs actes, qui se passent soit auprès des enfants, soit auprès des parents. On retrouve donc bon nombre de personnages de la saga.

L’histoire se lit donc très bien, elle est prenante et on replonge vraiment avec plaisir dans cet univers qui a bercé notre enfance/adolescence.

Un des défauts (il y en a, en même temps ce n’est pas vraiment JK Rowling qui a écrit la pièce, même si elle a travaillé dessus), c’est que j’ai eu l’impression de lire du fan service à plusieurs moments. Les brèves apparitions de certains personnages (souvent aimés des lecteurs), les relations entre eux, les évolutions dans les caractères, ou même la mère de Delphi (personnage qui n’apparaît que dans la pièce, ceux qui ont lu comprendront).

En revanche, je trouve que l’évolution de nos héros qui ont grandi est tout à fait réaliste, leurs réactions sont toujours celles des personnages qu’on connaît. Les seuls moments où ça semble « dérailler » sont en réalité parfaitement justifiés. C’est d’ailleurs l’une des choses que j’ai bien aimé, c’est que rien ne sort de nul part, tout s’emboîte avec logique.

Maintenant, j’ai hâte qu’ils en fassent un film, ou en tout cas que la pièce soit filmée (même si j’aimerais beaucoup retrouver les décors des films, plutôt qu’une scène), pour me replonger à nouveau dedans !

Et vous, qu’en avez vous pensé ? Dans l’ensemble, vous avez été contents de cette lecture ?

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Le 28 Septembre 2016 : Accident de voiture

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« Allô, chéri ?

– Oui ?

– Surtout, tu ne paniques pas, hein ? Mais j’ai eu un accident de voiture.

– Ça va ? Tu es blessée ? Où es-tu, je viens de te chercher tout de suite ! Tu es à l’hôpital ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

– Oui, ça va, je n’ai pas été blessé. Enfin juste un petit hématome à la tête, je risque d’avoir un joli coquard.

– Que s’est-il passé ?

– Eh bien, en fait… euh… j’ai confondu la marche arrière et la marche avant, et euh, te fâche pas, mais j’ai encastré la voiture dans un lampadaire.

– Quoi ??? T’as bousillé la voiture ?

– Euh… oui, mais je vais bien, ne t’inquiète pas, plus de peur que de mal !

– Mais t’as bousillé MA voiture…

– Hum… tu peux venir me chercher quand même ?

– Faut pas pousser, hein ! »

Sujet du 29 Septembre : Escarpin

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Le Bal Mécanique

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Yannick Grannec

Ce gros pavé raconte l’histoire de Josh et de sa femme Vickie, animateurs dans une émission de téléréalité aux USA. Mais pas seulement, car le père de Josh, Carl un peintre vieillissant entend un jour parler de tableaux volés par les nazis, finalement retrouvés, pour lesquels les descendants peuvent faire valoir leurs droits. Lui-même a été adopté et emmené en Amérique pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais son père biologique était un marchand d’œuvres d’art et certains des tableaux retrouvés faisaient partie de sa collection. Carl décide alors de faire quelques recherches.

Dans une seconde partie, on retourne dans le passé pour comprendre l’histoire et l’Histoire et on rencontre la jeune Magda, mais aussi el célèbre Klee, les étudiants et professeurs du Bauhaus, bref l’Art avec un grand A.

Ce roman est bien mené, il alterne les narrateurs et les époques, mais c’est précisé en début de chapitre ce qui rend la lecture claire et compréhensible. L’art est au cœur de l’histoire, j’ai simplement regretté que les œuvres mentionnées en début de chapitre n’aient pas été inclues dans le roman, afin de montrer ce à quoi l’auteur avait en tête.

Les personnages sont attachants, autant les anciens que les modernes, malgré le travail de Josh qui inspire en règle générale peu la sympathie (cette partie est d’ailleurs bien traitée). Le côté historique et artistique est bien maîtrisé, très précis et peut être agréable même à quelqu’un qui ne s’y connaît pas particulièrement.

C’est donc un bon roman, très travaillé, j’ai simplement regretté la manière dont se terminait chacune des parties (je suis un peu restée sur ma faim à chaque fois, j’espérais avoir toutes les réponses à mes questions et il en manque), mais il se lit facilement et je vous le conseille ! Est-ce que vous êtes tentés ?

Je le classe aussi dans mon challenge pavé (539 pages)

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Le 27 Septembre 2016 : Vin

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Écrire quand on a but un p’tit coup, ça aide paraît-il. Enfin, hips, juste un petit coup, hein, pas la bouteille entière ! Ou peut-être que si, me souviens plus. Ça dépend la taille du verre, nan ? Et ce qu’on met dedans, le vin ça va, surtout le rouge, enfin c’est ce qu’on m’a dit. La vodka, pas vraiment bien, trop fort ! Le vin, c’est mieux, vous voyez bien ! Hips, allez, j’y vais. Par contre, si vous savez sur quelle touche il faut appuyer pour que les touches du clavier arrête de danser ? Elles arrêtent pas de bouger, aidez-moi !

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Sujet du 28 Septembre : Accident de voiture

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L’Insouciance

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Karine Tuil

Romain Roller revient d’Afghanistan, totalement dévasté. Ses hommes sont tombés dans une embuscade, il revenu vivant et entier, ce n’est pas le cas de tous ses amis. Alors qu’il est à l’hôtel à Paphos pour quelques jours de décompression, il rencontre une jeune journaliste, Marion. Leur liaison est sans lendemain, mais passionnée. Il apprend un peu plus tard qu’elle est mariée à un grand entrepreneur, mais ne peut s’empêcher de la rappeler, n’arrivant pas à renouer avec sa propre femme et son fils qui ne le reconnaît pas.

François, le mari de Marion, de 25 ans son aîné, est accusé de racisme après avoir répondu à une interview illustré d’une photo malencontreuse. Insulté à cause de ses racines juives, rejeté par ses enfants à cause de son divorce, c’est toute sa vie qui bat de l’aile en plus de son mariage.

Quant à Osman, un ami d’enfance de Romain, il a réussi à avoir un poste dans les hautes sphères politiques malgré son manque d’éducation classique, jusqu’à ce qu’il soit mis au placard.

Ces quatre personnages sont tous liés les uns aux autres et nous emmènent dans une épopée actuelle, politique et sociétale.

De prime abord, ce livre n’avait rien pour me séduire. Les romans sur la politique, sur les conflits et guerres au Moyen-Orient, sur les accusations de racisme, ne sont pas ce qui m’attirent réellement. Mais on m’a dit qu’il pourrait peut-être obtenir le Goncourt, alors je l’ai lu.

Et je n’ai pas regretté du tout ! Certes il est dense, mais je n’ai quasiment pas pu le lâcher. Je ne sais toujours pas ce qui m’a réellement séduite, mais je ne me suis ennuyée à aucun moment, je me suis attachée à tous les personnages malgré leurs failles (et elles sont nombreuses !). L’écriture m’a porté d’un bout à l’autre du roman et malgré les 500 pages j’étais presque triste de l’avoir terminé.

C’est donc un coup de cœur pour moi ! Si comme moi vous avez des réticences, essayez quand même de le lire, dépassez les premières pages très sombres et laissez-vous entrainer dans cette histoire on ne peut plus humaine !

Est-ce que ma critique vous donne envie d’essayer ?

En passant, je le classe dans mon challenge Pavé (524 pages)

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Le 26 Septembre 2016 : Une étrange boutique

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La boutique était sombre et mystérieuse (miteuse vue de l’extérieur, certains diront), éclairée à l’intérieur par des bougies enfermées dans des bocaux de couleur. On aurait d’ailleurs pu penser qu’il s’agissait d’une boutique de bocaux, pourquoi de boules à neige un peu étrange. Mais à bien y regarder, il y avait du mouvement dans la plupart des récipients de verre.

Un minuscule village ; un alpiniste sur une petite montagne ; une tornade ; une tempête au-dessus de la mer, chahutant un voilier ; des hommes et des femmes, tous seuls dans leur bocaux, ayant l’air de s’ennuyer ferme…

Enfin un client entra. Le vendeur (vous pouvez l’imaginer exactement comme vous voulez, c’est le but : homme, femme, jeune, vieux, étrange, normal, Dieu, souffle d’air, Noosphère, grenouille à trois yeux, dragons vipérin…) l’accueillit :

« Bonjour ! Que puis-je faire pour vous ?

– Alors je commence une nouvelle histoire, il me faudrait des personnages principaux.

– Nous en avons tout un stock. Vous cherchez quelque chose en particulier ?

– Il me faudrait un homme et une femme. Je vais écrire une histoire d’amour aujourd’hui.

– A quelle époque ?

– La nôtre. Enfin, la mienne, XXIe siècle.

– Très bien. Alors je peux vous proposer celle-là : jeune femme, 30 ans, working girl, sportive (elle est capable de faire un marathon), travail dans des bureaux, j’ai pas bien compris son métier exact.

– Bof. Trop commun. Vous en avez pas une plus torturée ?

– Oui, pourquoi pas. Celle-ci, accident de voiture à 7 ans, elle a perdu sa mère et son bras gauche. Père absent après le drame, tentative de suicide à 17 ans, pile 10 ans après le drame.

– Trop tragique.

– Bon, celle-ci alors, pas très grande, quelques rondeurs, timide, une certaine insécurité dans son métier, elle est célibataire, évidemment, mais vit avec trois chats. Je la verrais bien bibliothécaire… » Il montra le bocal où on voyait la fille affalée sur son canapé, une tasse de thé à la main, trois chats dormant tout autour d’elle. L’auteur lui trouva un petit air attendrissant. Pourquoi pas, dans le genre de bibliothécaire complexée, trentenaire sans enfant, jalouse de ses copines en couple depuis 10 ans, avec trois enfants chacune, il tenait peut-être là la future crysallide qui pourrait donner un personnage drôle, maladroit, attendrissant de laquelle son héros pourrait tomber amoureux.

« Je la prends. L’homme maintenant ? »

Sujet du 27 Septembre : vin

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Crépuscule du tourment

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Léonora Miano

Une couverture magnifique, une auteure camerounaise, il n’en fallait pas plus pour que je commence ce roman !

Quatre femmes prennent la parole dans ce roman : une mère, sa fille, une jeune femme épousée sans amour, une autre abandonnée. Toutes s’adressent à un homme et leurs discours, leurs pensées, sont tournées vers cet absent. Elles racontent alors leur vie, leurs relations avec lui, mais surtout leur vie de femme dans ce pays d’homme.

J’ai mal commencé avec ce roman, puisque j’ai cru que le changement de parole se faisait à chaque paragraphe comme dans le Gaudé. En fait, elles ont chacune une partie du roman dédiée. Une fois que j’ai compris ça, c’est allé mieux.

Néanmoins, je n’ai pas non plus beaucoup adhéré à l’histoire, il y avait des passages intéressants, mais je n’ai pas vraiment compris l’intérêt de s’adresser à cet homme absent puisqu’elles parlent essentiellement d’elle et rien d’autre. De plus, la sexualité est une très grande part du roman ; dans les 3 premières parties je me disais qu’elles commençaient par parler du corps, pour ensuite s’intéresser au mental. Mais la 4ème partie ne parle quasiment que de sexualité et je n’ai pas trouvé qu’elle apportait grand chose pour l’histoire en elle-même.

Bref, je n’ai pas été très emballée par ce roman, difficile à conseiller en plus, mais j’ai malgré tout appris des choses intéressantes sur la vie au Cameroun (ou presque le pays n’est pas cité directement).

challenge découverte

2016 sept rentrée litt 32

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Le 25 Septembre 2016 : utiliser un mot rare/ancien/qui n’a pas d’équivalent dans une autre langue

Revenons donc à notre renarde. La transformation était douloureuse, fatigante et si elle ressemblait vaguement à une humaine, n’importe quel humain véritable l’aurait prise, en la voyant, pour une créature monstrueuse tout droit sortie des contes à faire peur ou de ses cauchemars d’enfant.

Llwynog demanda une pause, mais sans savoir si c’était par sadisme ou pour que l’esprit de feu puisse retourner se coucher, celle-ci répondit :

« Assez fatrouillé ! Si tu ne parviens pas à réaliser ce charmement autrement que de façon lacrimable, je ne puis rien faire de plus pour toi ! Tu ne pourras vadrouiller qu’à la brune dans ces affublements !

– Hein ? S’exprima avec grâce Llwynog (mais elle était fatiguée, alors on lui pardonne). Pourquoi tu parles comme ça ? J’ai rien compris !

– Ah, désolée, je me suis laissée emportée. Tu as sans doute raison, allons nous restaurer et nous reposer ! »

Sujet du 26 Septembre : une étrange boutique

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