Balles perdues

Jennifer Clement

Pearl vit avec sa mère dans leur voiture, sur un parking de Floride, près d’une décharge. Ce qui ne devait durer que quelques mois à la naissance de Pearl, alors que sa mère s’était enfuie de chez elle encore toute jeune, est devenu leur lieu de vie et leur monde sur plus d’une dizaine d’années. Mais cette routine est perturbée par la venue d’Eli, un homme qui entre dans leur vie au plus grand déplaisir de Pearl.

Une personne m’a conseillé ce roman tandis qu’une autre m’a dit l’avoir trouvé plutôt inintéressant, j’étais donc partagée au moment de commencer cette lecture. Je ne vais pas faire durer le suspens, ce livre ne m’a pas déplût, même si effectivement il ne se passe pas grand chose. Cette impression de lenteur est un peu compensée par le fait que le livre soit assez court et qu’il se lise très facilement, selon moi.

On suit donc la vie de cette jeune fille, assez particulière vu sa situation. C’est essentiellement la vie dans le campement de caravanes avec les autres habitants et la relation avec sa mère qui sont racontées. A la moitié du livre, la vie de Pearl change du tout au tout et, sans vous spoiler, je peux vous dire que le roman aborde un autre problème courant aux USA.

Le personnage de Pearl est plutôt attachant, même si c’est une gamine un peu perdue dont le seul repère est sa mère et son univers microscopique. Le roman laisse une impression douce-amère, même dans les premières pages.

Je n’ai pas trouvé la fin très satisfaisante, mais j’ai quand même lu facilement ce petit roman qui a au moins l’intérêt d’aborder des sujets durs de façon simple, sans tomber dans le trash par exemple.

Même si j’ai passé un moment agréable, ce n’est pas forcément un roman que me marquera très longtemps.

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Le Carnaval noir

Metin Arditi

En 2016, Benedict Hugues, professeur de latin à l’université de Genève, découvre une étrange lettre dissimulée dans un très vieux livre qu’il a acheté par curiosité aux enchères. Mais la découverte de cette lettre a des conséquences inattendues, replongeant la ville de Venise 500 ans en arrière, lors du Carnaval Noir qui avait vu de nombreux meurtres assombrir les fêtes.

J’ai découvert Metin Arditi avec L’Enfant qui mesurait le monde que j’avais adoré Je n’ai pas forcément retrouvé son style dans ce roman, même si son talent de conteur est bien là.

Le Carnaval noir est un livre assez court mais très dense puisqu’il aborde de nombreux sujets. On a un côté historique (ou faussement historique puisque le Carnaval noir n’a jamais eu lieu), le côté ésotérique avec la prophétie du Christ aux douze doigts, artistiques grâce à la peinture, linguistique avec le latin, religieuse ; mais également d’autres aspects plus humains comme la relation parents-enfants, l’amour, l’homosexualité, etc.

Un attentat se prépare donc contre le pape, ce qui est en miroir des événements du XVIe siècle et c’est un prof de latin qui va mener l’enquête. On retrouve un petit côté Da Vinci Code qui ne déplaira pas aux amateurs du genre !

Mon seul gros reproche à ce roman, c’est qu’il est trop court et par là, un peu expéditif. Certes on ne s’ennuie pas, on jongle entre les personnages et les situations, mais ça va parfois trop vite, on n’a pas le temps de s’attacher à un perosnnage et à une situation qu’on passe déjà à la suivante. Ça donne un effet un peu morcelé, avec des peintures assez vives de certaines situations qu’on retient bien même le livre posé, mais qui ne s’emboîtent pas toujours entre elles, donnant l’impression d’une juxtaposition, d’une multitude de sujets que l’auteur voulait inclure dans le roman, à défaut parfois de la trame narrative principale.

J’ai donc passé un bon moment avec ce roman qui nous dépayse, et même s’il y a quelques bémols qui m’ont empêché de l’aimer autant que l’Enfant qui mesurait le monde, j’ai bien apprécié ce roman !

Vous l’avez lu ? Vous pensez le faire ? Qu’en avez-vous pensé ?

(l’ayant lu en numérique, voilà mon petit montage tout pourri !)

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La Révolte

Clara Dupont-Monod

Sortie le 22 août 2018

Après Le Roi disait que j’étais diable, Clara Dupont-Monod continue l’histoire d’Aliénor d’Aquitaine, une fois devenue reine d’Angleterre. La célèbre mère de Richard Coeur de Lion était une femme de tête, de pouvoir, mais son second mari également, ce qui l’a poussé à monter ses fils contre leur père.

Encore une fois, Clara Dupont-Monod nous offre un roman historique (mais pas que, la note à la fin de l’ouvrage nous avoue les quelques libertés prises) bien ficelé, bien ciselé. C’est avec bonheur qu’on retrouve Aliénor plusieurs années après Le Roi disait que j’étais diable où elle était l’épouse du roi de France. Cette fois, le texte n’est pas divisé en deux entre les voix d’Aliénor et de son mari (le nouveau n’apparaissant que peu), en revanche, Richard y a une place prépondérante.

J’ai trouvé bien le soucis du détail, on a souvent tendance à ne retenir que Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre (le plus souvent via Robin des Bois), mais à oublier que non seulement il était le fils d’Aliénor, mais qu’en temps que tel il était bien plus proche de la France (de l’Aquitaine, à l’époque), que de l’Angleterre où il est peu resté.

Aliénor apparaît tour à tour comme une femme de tête, une mère, une femme bafouée mais toujours digne. Petit bémol sur ce roman par rapport au précédent, j’ai moins réussi à m’attacher aux personnages, il y avait parfois une espèce de distance qui était mise (on voit plus souvent Aliénor via le regard de son fils qui finalement n’a pas vraiment grandi aurpès d’elle non plus et n’est pas certain de la comprendre, il cherche toujours son amour maternel sans vraiment le trouver) reléguant de nouveau Aliénor comme figure historique et non plus comme une femme alors que c’était plus le cas dans le premier roman.

Malgré ce bémol, j’ai beaucoup aimé l’écriture, les sujets abordés et la manière dont le roman nous fait revivre le Moyen-Âge autant par les batailles que par la naissance de la littérature (avec les références au Roi Arthur!).

Bref, un roman que je vous conseille surtout si vous adorez l’histoire, surtout si vous n’y connaissez rien, surtout, enfin, si vous êtes curieux !

(petit montage tout pourri vu que je l’ai lu en numérique ^^)

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En nous beaucoup d’hommes respirent

Marie-Aude Murail

sortie le 28 août 2018

Marie-Aude Murail nous présente cette année un roman qui sort de ses habitudes puisqu’il ne s’agit pas d’un livre jeunesse. En effet, depuis quelques années, elle s’est penchée sur les lettres et les traces de sa jeunesse, des amours et de la vie de ses grands-parents et parents. Le livre commence donc autour de la première guerre mondiale avec la rencontre de ses grands-parents. On voit la manière dont ils se sont rencontrés, écrits pendant la première guerre mondiale, puis enfin leurs retrouvailles et épousailles. Ensuite, on suit l’histoire de la mère de Marie-Aude, sa rencontre avec son père, leur séparation à eux aussi à cause de la guerre, puis lorsqu’ils se sont retrouvés. Et enfin, on découvre la jeune Marie-Aude, avec évidemment sa rencontre avec son mari Pierre (puisqu’il s’agit beaucoup d’amour dans ce livre), la venue de ses enfants, son rapport à l’écriture, etc.

Dans ce livre, des points positifs et négatifs sur le contenu : d’un côté on en a parfois un peu marre des auteurs qui parlent d’eux pour la rentrée littéraire et on rentre en plus dans le très intime de personnes qui ont existé, même si un certain nombre d’entre elles sont mortes depuis longtemps. D’un autre côté, les lettres envoyées sont le reflet d’une époque, en particulier au moment des deux guerres mondiales. Et le fait d’avoir inclus dans le récit les photos de ces lettres, textes, les photographies d’époque, en fait un témoignage à la fois humain et universel. L’honnêteté de Marie-Aude est également très touchante, surtout lorsqu’elle parle de sujets très intimes la concernant.

Ce « petit » livre de plus de 400 pages se lit donc vraiment tout seul. Autre regret, l’arbre généalogique très utile ne se trouve qu’autour des pages 190, il aurait été pratique de l’avoir plus tôt, mais maintenant, vous saurez où le trouver !

C’était donc une lecture agréable, pas forcément celle que je recherche le plus d’ordinaire mais j’ai aimé le côté humain et historique ; ainsi que sur l’époque de l’auteur, son rapport à la vie, à l’écriture, à la sexualité, à la maternité, sans fard et très touchant !

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Presque une nuit d’été

Nguyen Thi Thu

Sortie le 22 août 2018

Une jeune fille, apparail photo à la main, suit des gens dans la rue. Son objectif, capturer un instant du quotidien. Par ailleurs, d’autres histoires s’enlacent à la sienne, selon ses rencontres et ses souvenirs.

Ce premier roman raconte de belles histoires, mais par sa construction (déconstruction?) a parfois tendance à nous perdre. Les histoires s’entrelacent, mais trop courtes pour qu’on puisse totalement s’attacher aux personnages. Ainsi, certains passages m’ont beaucoup plut, comme celui sur Tigre et Dragon, un film que j’adore et que l’auteur a perçu de la même manière (ou à un détail près) que moi. La narration de ce passage est tout à fait sublime.

En revanche, d’autres histores sont parfois un peu écrasées sous le tas, pas assez mises en valeur et laissent donc un goût d’inachevé.

J’ai donc bien aimé cette lecture, mais ce n’est pas un gros coup de cœur et surtout je sais que d’ici quelques mois j’aurais bien des difficultés à expliquer à quelqu’un de quoi il parle !

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Héléna

Jérémy Fel

sortie le 22 août 2018

Hayley est une jeune fille de 17 ans. Orpheline de mère, elle a décidé de se remettre au golf, un sport qu’affectionnait cette dernière, en sa mémoire. Fille à papa gâtée, adolescente comme les autres avec ses problèmes de cœur, elle part sur la route durant cet été brûlant, mais tombe en panne. Heureusement, elle sera secourue par Norma, une mère de famille au passé tragique, mais dynamique, adorable, en extase devant sa petite fille de 7 ans, Cindy, à qui elle veut faire faire des concours de mini-miss. Pendant que sa voiture est en réparation, Hayley rencontre également Graham, le fils aîné de Norma, et Tommy le cadet. Ce même Tommy qu’on a découvert en premier chapitre en train de torturer un chien à mort, qui semble être un adolescent brisé par la vie incapable d’y avoir une place. Et la chaleur du Kansas se referme sur nos personnages.

Lorsqu’on m’a présenté ce livre, je n’avais pas du tout compris l’intrigue. J’avais en revanche bien retenu qu’il s’agissait là d’un thriller psychologique très sombre. La première scène nous plonge directement dans l’ambiance, nous laissant un drôle d’arrière-goût alors que dans les 100 premières pages, tout semble bien se passer.

Ce roman m’a vraiment fait penser à du Stephen King. Mais n’étant pas une spécialiste, je ne pourrais pas dire s’il est dans la même veine ou s’il s’inspire un peu trop de King. En tout cas, pour ma part, j’ai profité d’un jour de repos pour lire les 400 denrières pages quasiment d’une traite ! Ce livre est impossible à lâcher !

Il est un peu moins effrayant que ce que j’ai cru au début et à part quelques scènes un peu trop détaillées, il est surtout tourné vers le psychologique. Car tous les personnages sont pris dans un engrenage infernal, liés les uns aux autres de façon irrémédiable. L’amour maternel est l’un des sujets phares de ce roman (malgré l’idée qu’on peut s’en faire au départ) et parfaitement bien exploité grâce à Norma qui a des liens différents avec chacun de ses enfants, nés de trois pères différents.

J’ai également beaucoup apprécié le fait qu’il s’agisse d’un roman polyphonique, ce qui nous permet de vraiment entrer dans la tête de chacun des personnages de comprendre leurs réactions, pourquoi ils en arrivent parfois à de telles extrémités.

Ce roman est donc une véritable claque, si j’étais un peu sceptique et craintive dans le début, l’aspect thriller psychologique m’a totalement convaincu ! Quant à qui est Héléna, il vous faudra pas mal de patience pour le découvrir, et j’ai eu le regret de voir que l’une de mes théories que je trouvais très bonne pendant un moment était totalement fausse !

Bref, si vous êtes tentés, ne craignez pas les 700 pages de ce pavé, elles seront vite lues et vous ne le regretterez pas !

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Charlotte impératrice

Tome 1 : La Princesse et l’Archiduc

Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

Lorsque Babelio m’a proposé de chroniquer cette Bd, j’ai sauté sur l’occasion, c’est assez rare qu’on me propose des bandes dessinées et vu que ce sont des lectures rapides, c’est toujours sympa d’en découvrir des nouvelles ! Donc un grand merci à Babelio et à Dargaud !

Charlotte de Belgique est la fille de Léopold Ier. Elle décide d’épouser Maximilien d’Autriche, avec qui elle a de nombreuses affinités. Mais le mariage est vite décevant pour la jeune femme. Non seulement son mari n’est pas à la hauteur de ses espérances, mais la politique s’en mêle, avec les conflits entre les Habsbourg (Maximilien est le frère de François Joseph (celui qui a épousé Sissi)) et Napoléon III, en France.

J’avoue que je ne connaissais absolument pas cette jeune femme ni toutes ces intrigues politiques. Si tout le monde connaît Sissi, Charlotte est moins connue, pourtant la jeune fille du premier tome a l’air de se transformer au fur et à mesure en véritable politicienne. Ce 1er tome met donc beaucoup de choses en place, de la rencontre au mariage, puis aux premières années de vie commune avec de nombreuses déceptions, mais on sent que l’histoire va vraiment s’envoler à partir du second tome (comme c’est souvnet le cas dans les Bds).

J’ai été assez surprise en ouvrant le livre, au vu de la couverture, je m’attendais à quelque chose de moderne et assez soutenu au niveau des couleurs, mais ce n’est pas du tout le cas. L’intérieur fait plutôt penser aux Bds que lisaient nos parents, avec du papier qui n’est pas glacé et des couleurs plus douces, pour ne pas dire plus ternes. Néanmoins, ce qui a choqué mon œil au premier abord n’est pas du tout été une gêne à la lecture et les traits sont assez harmonieux pour donner vie aux personnages.

Je suis donc bien contente d’avoir lu cette BD qui m’a permis de me faire découvrir un pan de l’Histoire que je ne connaissais absolument pas et j’ai même hâte de lire la suite afin de voir si la vie de la jeune Charlotte va être aussi extraordinaire qu’elle le laisse le supposer ou virer au tragique !

Affaire à suivre, je vous le conseille vivement !

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Quatre-vingt-dix secondes

Picouly

Sortie le 22 août 2018

En 1902, Saint-Pierre est une ville florissante. Mais plus pour longtemps. La montagne Pelée, comme une divinité implacable a décidé d’exploser. En 90 secondes, elle fera 30 000 morts. Mais lorsque le livre s’ouvre, il reste encore quelques heures avant la catastrophe. La montagne regarde des habitants, en particulier d’Othello et Louise. Le premier ayant été défié en duel pour avoir regardé (et aimé) la seconde.

Ce roman historique présente une vraie originalité dans la façon dont le sujet est abordé, puisque la narratrice est la montagne Pelée elle-même. A la fois sanguinaire et impitoyable, elle s’est malgré tout prise d’affection pour certains habitants dont elle nous raconte les dernières heures. Quant à savoir si elle épargnera certains, il vous faudra lire !

Le sujet n’est donc pas des plus réjouissants, mais il ne décrit pas uniquement la mort de la ville et de ses habitants, c’est également une ode à l’amiur, avec Othello et Louise, ainsi qu’à l’amour maternel avec la mère d’Othello et la grand-mère du jeune homme.

Ce livre se lit assez vite, l’écriture est fluide et agréable. On s’attache assez vite à nos deux amoureux, peut-être un peu moins aux autres personnages, un peu trop nombreux qu’on croise souvent trop rapidement. J’ai bien aimé la dimension quasi divine de la nature impitoyable incarnée ici par la montagne et la rivière, ça ajoute un peu de magie à ce conte cruel où les humains retrouvent finalement leur vraie place, insignifiante, face à la puissance des éléments.

Si vous avez un peu de curiosité pour le sujet et la forme du roman, n’hésitez pas à le lire !

10ème livre de la rentrée littéraire !

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Douce

Roselier Sylvia

Sortie le 30 août 2018

Celle qu’on appelle Douce rencontre un homme lors d’un déplacement professionnel. Au premier abord pas d’attirance particulière, mais ils se revoient, il l’appelle et ils finissent par commencer une relation épistolaire tout d’abord. Puis la relation devient torride alors même que l’homme ne semble pas honnête envers elle.

Ce roman est assez court, avec une écriture fluide, dynamique mais aussi assez poétique. Quasiment chaque phrase pourrait devenir une citation, reflet de l’âme d’une femme amoureuse, mais pas forcément heureuse. En effet, ce roman traite de la dépendance amoureuse, des oeillets qu’on se place parfois devant les yeux afin de ne pas voir, ne pas comprendre la réalité.

Dès le début, il y a un certain malaise, on sait que quelque chose ne va pas, mais on voit (le lecteur comme la narratrice) la jeune femme s’enferrer dans cette liaison qui la fera plus souffrir qu’autre chose. Entre les secrets, les mensonges, les tromperies, on se demande, nous, tranquillement derrière notre livre, comment elle a pu être duper, tout en comprenant bien que ce n’est pas la même chose lorsqu’on le vit.

Douce nous raconte donc l’histoire d’un amour, d’une relation, de la rencontre à la séparation, avec réalisme, justesse, avec une certaine douceur, mais également une dureté sous-jacente.

Personnellement, ça n’a pas été un coup de cœur, j’ai été plutôt mal à l’aise de voir la manière dont cette femme était traitée, mais j’ai apprécié la délicatesse de l’écriture. A vous de voir, selon votre sensibilité et votre expérience si ce livre peut vous plaire ou vous apporter quelque chose !

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A ce point de folie

Franzobel

Sortie le 22 août 2018

En 1816, la frégate La Méduse quitte la France, direction le Sénégal. L’objectif du capitaine : arriver le plus vite possible à destination, même s’il n’a personnellement jamais dirigé de flotte et ne sait ni lire une carte maritime ni utiliser un sextant. A bord du navire, Victor qui a fui sa petite vie bien rangée pour partir à l’aventure, Osée Thomas un marin avide de savoir, la famille Picard qui déménage tous ensemble ; les sœurs Lafitte qui veulent ouvrir un comptoir…

Mais même si on connaît dès le début l’issue de ce voyage, la traversée commence dès le début dans les pires auspices possibles !

Je trouvais intéressant de s’intéresser à cet événement dont on ne connaît finalement quele tableau qui a, de plus, été édulcoré. Le regardant, on plaint les marins sans forcément penser à la véritable situation. Ce roman permet de retracer de façon à la fois précis et romancée le destin des passagers de la Méduse. On commence avec les premiers jours de navigation qui permettent de faire connaissance avec les personnages, mais également de débuter l’horreur avec des descriptions assez crues, qui laissent présager du reste. En effet, dès les premiers chapitres, Victor déchante, le cuisinier et son second étant bien décidés à le torturer le plus possible, voir lui faire la peau. Ensuite, on suivra le destin des canots de secours et évidemment du radeau où plus de 100 personnes se sont entassées dans un premier temps serrés les uns contre les autres, de l’eau jusqu’à la taille, en plein soleil, sans rien avoir à boire ni à manger ou presque.

Même si on commence rapidement avec des passages assez durs, il faut un certain temps pour se familiariser avec tous les personnages ce qui ralentit un peu le récit. On a envie d’entrer dans le vif du sujet, le naufrage et celui-ci se fait attendre. De même à la fin, avec tous les différents canots, je m’y suis un peu perdue et je ne suis plus bien sûre de la survie de tel ou tel personnage. Il aurait d’ailleurs été intéressant d’avoir un aperçu un peu plus large de ce qui arrive par la suite à ceux qui ont pu survivre.

Malgré ces petits défauts et la dureté du texte, c’est un roman historique intéressant qui révèle un des événements connus le plus inconnu de l’Histoire.

Âmes sensibles s’abstenir, amateurs d’Histoire, de navires et de naufrages tragiques, vous pouvez y aller !

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