Chien-Loup

Joncour

Lise décide de réserver une maison de vacances, au fin fond des Causses, un endroit si reculé que même le réseau téléphonique ne l’atteint pas ; afin de décompresser, déconnecter dans tous les sens du terme. Son mari, Franck, est beaucoup moins convaincu, surtout que pour son travail de producteur, il est toujours sur le front, face à ses nouveaux collaborateurs qui veulent vendre leurs fonds à Netflix.

En 1914, au même endroit, la première guerre mondiale a appelé tous les hommes au front. Reste seulement un allemand, un éleveur de lion, qui décide de se cacher sur le haut de la colline avec ses félins, ce qui engendre une certaine crainte au village.

N’ayant pas adoré le précédent roman de Joncour, je n’étais pas plus disposée que ça pour lire celui-ci ! Mais on m’en a fait une critique élogieuse, j’ai décidé de lui laisser sa chance et je ne le regrette absolument pas !

L’alternance des époques est un procédé maintenant classique, mais qui marche ici très bien. On suit donc d’un côté Lise et Franck, plutôt ce dernier d’ailleurs. Il y a à la fois leur découverte de ce lieu unique, du chein-loup sauvage qui vient bientôt les accompagner leur solitude et toute la thématique autour du travail de Franck. Il y a également une partie importante de l’intrigue sur le végétarisme, mais d’une manière ou d’une autre, les animaux ont une place vraiment très importante dans le récit.

D’un autre côté, en 1914, on suit la vie du village une fois que les hommes sont partis à la guerre, le manque de nouvelles, les premiers deuils, mais aussi, de façon moins classique, le travail de la terre fait par les femmes. Le dompteur de lion est donc présent à tout instant dans les esprits alors qu’au village personne ne le voit, mais les cris des félins, le fait qu’il soit allemand et un homme renforce la différence entre lui et le reste des villageois (essentiellement des femmes qui, en plus, s’occupent des moutons). La place des animaux a encore une fois une place importante, l’auteur nous décrit notamment la façon dont ils ont été envoyé à la guerre, qu’il s’agisse des chevaux, des pigeons voyageurs ou encore du bétail abattu par milliers pour ne même pas suffire à nourrir les hommes qui combattaient.

Ce roman est donc vraiment très riche, il aborde énormément de sujets, nous décrit une nature sauvage avec forces de détails visuels, olfactifs, afin de nous immerger totalement dans l’une ou dans l’autre des époques. Les personnages sont attachants et ont tous une vraie existence propre (ils n’existent pas les uns en fonction des autres, ils sont vraiment très réalistes et pourraient exister), ce qui est bien montré par la manière dont est nommé le chien-loup, une fois Bambi quand on est du point de vue de Lise, une fois Alpha, lorsque Franck est au centre du récit.

Je crois que de tous ceux que j’ai lu de la rentrée littéraire, c’est celui qui ressort le plus du lot, en littérature « blanche », en tout cas.

Un vrai coup de cœur, que je vous conseille de toute urgence !

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